Logiciels libres et le Gouvernement

L’influence de la France sur le Brésil

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L’Année de la France au Brésil (traduction) est un grand échange culturel entre la France et le Brésil. Elle se déroule présentement, en 2009, et origine du grand succès qu’a connu l’Année du Brésil en France qui s’est déroulée en 2005. La France a pour objectif de peaufiner ses relations avec le Brésil et ce, dans divers sphères d’activités. Comme le commente le site Cultures France : »La France est déjà très présente au Brésil, à travers une programmation artistique riche et diversifiée et des coopérations vivantes dans les domaines scientifique, technique, universitaire, économique. Français et Brésiliens se parlent, échangent, se disputent, réfléchissent ensemble, agissent ensemble. »

Le présent article traite exclusivement du partage des technologies informatiques entre ces deux pays. Le principal événement sera le deuxième congrès international de logiciel libre et du gouvernement électronique. Plus précisément, il s’agit du Congresso Internacional Software Livre e Governo Eletrônico (CONSEGI) (traduction). Il représente d’ailleurs un des plus importants événements dans la programmation officielle de l’Année de la France au Brésil.

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La deuxième édition du Congresso Internacional Software Livre e Governo Eletrônico se déroulera du 26 au 28 août 2009

Du 26 au 28 août 2009, le congrès se déroulera à l’école d’administration des finances (ESAF) (traduction) à Brasília, la capitale du Brésil. Le gouvernement brésilien présentera des logiciels libres qui engloberont des technologies d’aide à l’administration publique.

Plusieurs forums, conférences et ateliers seront animés par des techniciens français d’OW2 et de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA). Le portail, les solutions de technologies de l’information (TI) du gouvernement français, ainsi que l’organisation d’entreprises françaises qui utilisent le logiciel libre seront également exposés. L’agrément de l’Année de la France renforce l’aspect international de l’événement et augmente les opportunités d’intégration et de coopération technologique.

Le CONSEGI vise à promouvoir la coopération et le partage de connaissances entre les organismes gouvernementaux, les sociétés civiles et les pays partenaires. Le congrès permettra de répondre à la nécessité d’instaurer un espace démocratique pour la présentation de la « plateforme Demoiselle » (traduction). Cette dernière tient son nom aux monoplans motorisés « Demoiselle » d’Alberto Santos Dumont, un pionnier brésilien de l’aviation. D’ailleurs, étonnamment, ce brillant homme révélait gratuitement à quiconque les plans de ses créations. Ce geste rappelle certainement le concept de liberté associé aux logiciels libres comme le partage de la connaissance (ou code source), la possibilité de copier les plans originaux et l’adaptation de la connaissance.

Le CONSEGI offrira aux Brésiliens les différentes technologies utilisant les logiciels libres. D’ailleurs, ce congrès démontre que le Brésil est en faveur de la migration vers le logiciel libre. Les principaux sujets des ateliers et des conférences seront des plateformes libres comme « Demoiselle », Java, PostgreSQL, Pentaho, Shell et e-Car, Moodle, etc.

Le CONSEGI sera réalisé par le comité de mise en œuvre du logiciel libre de la présidence de la République (CISL, Comitê Técnico de Implementaçâo do Software Livre), et le service fédéral de traitement de données (SERPRO) (traduction), entreprise publique liée au ministère des Finances, en assurera la logistique.

Les nombreux échanges enrichissants entre le Brésil et la France leur permettront de faire progresser leur savoir dans plusieurs sphères de connaissances. D’autres nations auraient aussi avantage à vivre un tel partage de savoir… Selon vous, avec qui le Canada pourrait-il créer un tel échange ?

Written by gouverlibre

10 mars 2009 at 06:53

Publié dans Gouvernements

2009 : Une année charnière pour les logiciels libres et les gouvernements?

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L’année 2009 est encore bien jeune que l’on retrouve déjà bon nombre d’initiatives vers les logiciels libres à travers le monde au sein des différentes instances gouvernementales. En effet, plusieurs pays ont déjà annoncé leurs couleurs en démontrant au reste du monde leurs intentions de se diriger vers des plates-formes « libre » à l’intérieur de leurs administrations publiques respectives.

En ce début d’année, on dénote entre autres une initiative agressive de la république socialiste du Viêt Nam qui a émis une directive orientée « logiciels libres ». Le ministère de l’Information et des Communications a annoncé qu’il désirait voir 100% de ses serveurs publics migrer vers des logiciels libres d’ici la fin du mois de juin 2009. De plus, elle vise également que 70% de son personnel en technologie de l’information devra être formé sur l’utilisation des logiciels libres et que 40% de ses travailleurs devront être en mesure de bien les utiliser d’ici le 31 décembre 2009. Enfin, l’ensemble des agences gouvernementales devront être à l’aise à 100% avec les technologies « libre » d’ici le 31 décembre 2010. Cette directive ayant pour objectifs de diminuer les coûts en informatique et de contrer le piratage des droits d’auteurs.

Dans le même ordre d’idée, nous vous avions déjà fait part dans l’un de nos articles précédents « Le gouvernement de Cuba lance une distribution Linux NOVA » des initiatives en cours à Cuba, voilà maintenant qu’un autre pays communiste, la Russie, se dirige vers les logiciels libres rapidement. Au cours des derniers mois, le ministre des Technologies de  l’Information et des Communications, Igor Schegolev a rencontré plusieurs hauts dirigeants afin de mettre en place l’une des ses priorités majeures en 2009 pour la Fédération Russe, soit le développement vers les logiciels libres! Pour arriver à ces fins, M. Schegolev a rencontré le Vice-Président de Red Hat, Werner Knoblich afin de participer au développement de projet Linux en plus de créer une association avec les développeurs du projet Fedora.

Par ailleurs, Milan Prohaska, directeur de la compagnie VDEL (distributeur principal des produits Red Hat pour la Russie et l’Europe de l’Est) était présent lors de ses rencontres pour favoriser le développement des logiciels libres en Russie et nous mentionnait : « We believe that the creation of a best practice competence center is the most logical next step in wider adoption of Open Source in Russia…Both Red Hat and VDEL, the organizers of Russian Fedora projects, will provide this center with financial and technological support and also help to build the wider local and international IT industry network needed for this Ministry initiative. ». Finalement, mentionnons que dans un article paru ce lundi, d’autres rencontres entre hauts dirigeants ont eu lieu en février et que la création d’un Centre des Compétences Open Source devrait voir le jour d’ici la fin avril 2009 en Russie.

En somme, les exemples du Viêt Nam et de la Russie représentent qu’une partie des initiatives dans le monde. On mentionnait également dans les dernières semaines la volonté de plusieurs gouvernements de se diriger et ou de renforcer leurs efforts vers les logiciels libres, tel que le gouvernement britannique à titre d’exemple. De par ces faits, est-ce que l’année 2009 représente une année charnière pour les gouvernements et les logiciels libres?

Written by gouverlibre

6 mars 2009 at 23:10

Publié dans Gouvernements

Demande d’information de TPSGC (partie 2!)

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Nous avons porté à votre attention il y a maintenant plusieurs jours que le ministère des Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (TPSGC) a publié le 20 janvier de cette année une demande d’information (DI) visant à recueillir des commentaires de l’industrie concernant les logiciels libres.
 
Après quelques recherches supplémentaires, nous sommes maintenant en mesure d’affirmer que la demande d’information (DI) semble confondre la définition même des logiciels libres. La DI mentionne que les logiciels libres sont ceux « qui ne font pas l’objet d’un coût pour la licence d’utilisation, qui peuvent donc être utilisés sans frais et que l’on se procure le plus souvent en les téléchargeant sur Internet. » Il s’agit plutôt de la définition d’un gratuiciel tel que défini sur Wikipedia : « Un gratuiciel (freeware) est un logiciel mis gratuitement à disposition par son créateur. » Nous avons également trouvé sur cette même page de Wikipedia une distinction bien définie entre les gratuiciels et les logiciels libres qui démontre encore mieux pourquoi TPSGC ne comprend pas bien la définition d’un logiciel libre : « Il faut aussi distinguer le gratuiciel du logiciel libre. Le logiciel libre offre la liberté et non la simple gratuité de la distribution. En particulier, il permet notamment la diffusion et la modification de ses sources, ce qui n’est pas nécessairement le cas des gratuiciels. Bien que distribués gratuitement, les gratuiciels sont principalement des logiciels propriétaire qui utilisent des licences de distribution restrictives. Certains logiciels restreignent même votre capacité à les redistribuer. »
 
Pourtant, six ans plus tôt, Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC) a entrepris une étude spéciale afin de déterminer le rôle des logiciels libres dans l’évolution de l’architecture de nos systèmes d’information. Cette recherche, étendue par la suite au gouvernement du Canada, décrit avec justesse ce que la demande d’information n’a pu faire. Cela vient donc accentuer le doute qui plane au dessus de cette fameuse demande d’information… Auraient-ils oublié d’effectuer une simple recherche sur Google en utilisant les mots-cl/s suivants : logiciels libres gouvernement Canada ?

Voici quelques sources supplémentaires qui appuient notre opinion et qui critiquent la définition de la DI :

  • « The department is going about it as though they were out to buy a truck. But open source software is not like most items you purchase from a vendor. Open source software is a human resource issue as much as it is a product » ItWorldCanada
  • « Not only do the terms No Cost Licensed Software focus entirely on the “free beer” aspect, missing that free software is about “free speech”, but the term “No Cost Licensed Software” includes everything that can be downloaded at no cost. » Publié sur un Wiki préparé en réponse à la DI.
  • « There is an industry accepted definition of open source software provided by Open Source Initiative (OSI).  Open source software license specify re-distribution rights, availability of source code and other terms that are not necessarily specified in a ‘freeware’ license.  We would suggest not creating a new one. » publié sur le blogue de Ian Skerrett.

Comme vous pouvez le constater, les répondants démentent avec vigueur cette définition inexacte des logiciels libres. Suivant la définition de la DI, les produits n’étant pas gratuits ne seraient pas des logiciels libres ! Il est fort à parier que TPSGC recevera de nombreuses réponses, si ce n’est que pour corriger sa définition des logiciels libres…

Written by gouverlibre

3 mars 2009 at 06:26

Publié dans Gouvernement du Canada

La crise financière et la migration vers le libre

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La crise financière étant omniprésente, nous avons voulu confirmer si le ralentissement économique favorisait ou non la migration vers les logiciels libres dans les différentes instances gouvernementales et surtout s’il était souhaitable que ce changement s’effectue dès maintenant.

Nos recherches nous ont démontré que la question ne fait pas l’unanimité. D’une part, certains auteurs mentionnent que la crise financière mondiale a accéléré et continuera d’accélérer la migration vers les logiciels libres, alors que certains auteurs viennent contredire cette théorie.

Parmi les optimistes, Roger Burkhardt mentionne que la réduction des budgets des TI favorise la migration vers le libre étant donné le coût souvent moins élevé des logiciels libres. 

À l’opposé, Eugene R. Quinn Jr., président-fondateur de IPWatchdog, Inc. et avocat spécialisé dans le domaine de la propriété intellectuelle, croit qu’il n’est pas indiqué pour l’administration Obama de faire le saut au « libre » présentement.

 

IPWatchdog publie des articles au sujet des brevets et de la propriété intellectuelle

IPWatchdog propose une série de publications sur des sujets variés allant des brevets, aux lois concernant la propriété intellectuelle.

 

Dans son dernier article sur le sujet, il mentionne que la migration systématique vers le libre provoqueraient trop de changements d’emplois dans le domaine des technologies de l’information et que ces bouleversements ne sont pas souhaitables alors que l’économie est encore frêle. On comprend donc qu’il favorise une migration tardive lorsque l’économie aura au moins repris un certain rythme…

Nous croyons qu’en cette période de crise financière, il serait approprié d’inclure les logiciels libres dans les processus d’approvisionnements gouvernementaux. D’autre part, nous pensons qu’il peut être un peu risqué d’appliquer une politique complète de migration vers le libre à ce stade-ci. Évidemment, pour les plus petits états ou pays, cela peut s’avérer sans conséquence, mais pour les plus grands pays comme les États-Unis, des difficultés organisationnelles et économiques pourraient survenir si l’on bouleverse le marché de l’emploi. Cela pourrait possiblement nuire à la relance économique. Les grands États doivent donc user de prudence dans leur migration vers le libre…

Written by gouverlibre

21 février 2009 at 00:37

Publié dans Économie

Le gouvernement de Cuba lance une distribution Linux « NOVA »

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Le 11 février dernier, le gouvernement Cubain annonçait officiellement lors de sa conférence internationale sur les technologies et les communications à la Havane, le lancement d’une nouvelle distribution Linux appelé NOVA.  Le résultat final de la distribution NOVA est inspiré de la distribution « Gentoo » et découle de travaux réalisés sur plusieurs années entre l’Université des sciences TI de Cuba et le projet UTUTO en provenance de l’Argentine. Rappelons que lors de cette même conférence l’an dernier, Richard Stallman avait grandement tenté de décourager la population d’utiliser des produits Microsoft. 

Il faut également prendre en considération que la vente légale d’ordinateurs au grand public n’est permise que depuis un an dans ce pays. Actuellement, seulement 20% des ordinateurs vendus sur le marché sont dotés d’un système d’exploitation Linux. Hector Rodriguez, doyen de l’école des logiciels libres à l’Université des sciences TI à Cuba, mentionne que « The free software movement is closer to the ideology of the Cuban people, above all for the independence and sovereignty ». De plus, ce dernier aimerait voir la progression des logiciels libres atteindre 50% d’ici 5 ans. Selon le gouvernement cubain, les produits capitalistes de Microsoft représentent une menace pour l’intégrité des informations cubaines, craignant entre autres que les Américains installe du code malicieux ou des « Backdoors » dans leur logiciel afin d’alimenter les services d’intelligence secrets et l’armée américaine. Par conséquent, après avoir résisté à la puissance économique américaine pendant des années, le régime communiste cubain débute maintenant une guerre dans le monde de l’informatique!

Mentionnons que le mouvement « Logiciels libres » du gouvernement cubain s’inspire de plusieurs autres pays ayant déjà migré vers le libre ou ayant des projets pilote en cours au niveau de leur gouvernement. On retrouve notamment des projets dans des pays tels que la Chine, le Nigéria, le Brésil, le Vénézuela, la Norvège, etc.

Que pensez-vous de cette nouvelle tendance du gourvernement cubain? Pensez-vous que la migration vers le libre est plus facile dans un pays communiste? Finalement, est-ce un mal nécessaire pour la survie technologique de ce pays?

Written by gouverlibre

18 février 2009 at 08:52

Publié dans Gouvernements

Tentatives timides du gouvernement québécois

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Les efforts de nos gouvernements face à l’utilisation des logiciels libres semblent parfois incertains. Malgré les controverses et les divergences d’opinions entre certaines organisations gouvernementales et citoyennes, des efforts concrets semblent apparaître au sein du gouvernement québécois. Plusieurs études et expérimentations ont été tentées et outre la possible utilisation d’OpenOffice, un intérêt pour le moteur de recherche Nutch et quelques autres logiciels libres a été démontré. Ces logiciels sont présentement implantés dans plus de 400 sites du gouvernement provincial et indexent maintenant plus de 300,000 documents. Ces logiciels ont été implantés pour satisfaire trois utilisations :

– Moteur de recherche (Nutch et Hadoop)

– Capsules d’informations (Apache Wicket)

– Gestion de contenu d’entreprise (Alfresco)

Présentement, le gouvernement du Québec, la Commission de la Protection du Territoire Agricole du Québec, le Ministère de la Sécurité Publique, Services Québec et le Ministère des Services Gouvernementaux et la Bibliothèque et Archives Nationales du Québec utilisent ces logiciels libres. Cette initiative du gouvernement du Québec provient du Ministère des Services Gouvernementaux.

L’implantation de ces logiciels libres a été effectuée par une entreprise Québécoise: DocuLibre. Cette entreprise se donne pour mission d’intégrer une gamme complète de logiciels libres permettant de gérer, organiser, valider, rechercher, échanger et archiver de la documentation.

Le résultat de cette expérimentation semble être positif. Cet effort pour le logiciel libre est encore visible et en fonction au sein des sites gouvernementaux cités plus tôt. Par contre, nous trouvons déplorable que le résultat de ces expérimentations ne soit pas documenté adéquatement. Il a été possible et facile de dénicher de l’information sur les intentions et l’intérêt que le gouvernement porte aux logiciels libres, mais malheureusement, trouver les résultats de cette migration timidement tentée est ardu. Il est possible d’en observer quelques traces au travers de rapports et d’études effectués par CIRANO. Le CIRANO est un centre interuniversitaire de recherche, de liaison et de transfert des savoirs en analyse des organisations, une voie d’accès aux meilleurs chercheurs dans ce domaine pour toute entreprise ou organisation, tant privée que publique, désireuse de trouver des moyens innovateurs d’améliorer l’efficacité de ses activités (Cirano en bref). Entre janvier 2005 et février 2007, le Comité directeur pour le logiciel libre (CODELL) à été formé. Les détails de ce comité et les résultats qui ont pu en résulter sont absent sur le Web et sur les sites gouvernementaux québécois.

Nous avons pu consulter un guide du logiciel libre au gouvernement du Québec qui contient une conclusion vague, mais favorable à l’utilisation de celui-ci au sein de notre gouvernement provincial. Ce sont, pour l’instant, les résultats les plus concrets concernant l’utilisation de logiciels libres au sein du gouvernement provincial pour la gestion d’information et de contenus.

Written by gouverlibre

16 février 2009 at 00:16

Le gouvernement québécois poursuivi

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Alors que la population québécoise croit que son gouvernement se dirige lentement vers les logiciels libres, plusieurs organismes nous ont fait preuve du contraire en poursuivant celui-ci : il aurait privilégié aveuglément certains logiciels bien connus, ceux du géant Microsoft.

Plus précisément, il s’agit de deux organismes québécois : FACIL et Savoir Faire Linux. Le premier est une association à but non lucratif qui prône l’appropriation collective de l’informatique libre. Le deuxième est une société d’informatique. Ils confrontent présentement les mauvaises pratiques du gouvernement québecois. Ils dénoncent haut et fort leur non-respect de la procédure d’appel d’offres pour l’achat de logiciels.

De plus, FACIL accuse même le gouvernement provincial d’abuser de la disposition leur permettant d’acheter des logiciels sans appel d’offres. «Trop souvent l’administration québécoise refuse d’envisager et même d’évaluer l’option du logiciel libre» affirme l’organisme. Le gouvernement québécois dépenserait 80 millions de dollars selon FACIL pour des licences d’exploitation des logiciels de Microsoft.

Par le fait même, le président de Savoir Faire Linux, Cyrille Béraud, entame une poursuite judiciaire contre le gouvernement du Québec afin qu’il respecte ses propres lois. Concrètement, parmi tous les différents secteurs gouvernementaux, cet homme pointe sévèrement la Régie des Rentes du Québec du doigt : elle aurait procédé au renouvellement des licences de Microsoft Windows sans appel d’offres lorsqu’elle a changé son système d’exploitation pour Microsoft Windows Vista.

Le gouvernement doit faire un appel d’offres à plusieurs entreprises avant de se procurer des logiciels pour ses différents ministères. Cette procédure permet à tous les concurrents, des plus petites entreprises locales aux plus prospères multinationales étrangères, d’avoir une chance de présenter leur solution et d’obtenir le mandat. Logiquement, la libre concurrence fait profiter à tous.

D’ailleurs, nous avons effectué une recherche dans la loi sur l’administration publique, et d’après l’article 11 du règlement sur les contrats d’approvisionnement, de construction et de services des ministères et des organismes publics, «un contrat ne peut être conclu que s’il a été précédé d’un appel d’offres, sauf lorsque le montant du contrat est inférieur à:

  • 1° 5 000 $ pour un contrat d’approvisionnement;
  • 2° 10 000 $ pour un contrat de services auxiliaires;
  • 3° 25 000 $ pour un contrat de construction ou de services professionnels.»

Nous avons vérifié la longue liste d’exceptions stipulées à l’article 12 et à moins que Microsoft détienne une offre à commandes permanente avec le Gouvernement du Québec, il ne semble pas y avoir de raison valable pour éviter l’appel d’offres. Peut-être ont-ils simplement utilisé la provision #4 de l’article 12 qui prévoit que si aucun autre fournisseur ne peut répondre à la demande exacte du gouvernement, ils peuvent procéder sans appel d’offres…?

En effectuant des appels d’offres, le gouvernement n’est-il pas en mesure de réaliser les économies dont il pourrait bénéficier en employant des logiciels libres? N’aurait-il pas à débourser des montants moins onéreux, étant donné la concurrence des logiciels propriétaires? Ne stimulerait-il pas l’émergence d’emplois locaux? La société québécoise ne pourrait-elle pas en profiter?

Information Complémentaire

Poursuite sur le site de FACIL

Savoir Faire Linux contre la Régie des Rentes du Québec

 

 

Written by gouverlibre

13 février 2009 at 15:44