Logiciels libres et le Gouvernement

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Demande d’information de TPSGC (partie 2!)

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Nous avons porté à votre attention il y a maintenant plusieurs jours que le ministère des Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (TPSGC) a publié le 20 janvier de cette année une demande d’information (DI) visant à recueillir des commentaires de l’industrie concernant les logiciels libres.
 
Après quelques recherches supplémentaires, nous sommes maintenant en mesure d’affirmer que la demande d’information (DI) semble confondre la définition même des logiciels libres. La DI mentionne que les logiciels libres sont ceux « qui ne font pas l’objet d’un coût pour la licence d’utilisation, qui peuvent donc être utilisés sans frais et que l’on se procure le plus souvent en les téléchargeant sur Internet. » Il s’agit plutôt de la définition d’un gratuiciel tel que défini sur Wikipedia : « Un gratuiciel (freeware) est un logiciel mis gratuitement à disposition par son créateur. » Nous avons également trouvé sur cette même page de Wikipedia une distinction bien définie entre les gratuiciels et les logiciels libres qui démontre encore mieux pourquoi TPSGC ne comprend pas bien la définition d’un logiciel libre : « Il faut aussi distinguer le gratuiciel du logiciel libre. Le logiciel libre offre la liberté et non la simple gratuité de la distribution. En particulier, il permet notamment la diffusion et la modification de ses sources, ce qui n’est pas nécessairement le cas des gratuiciels. Bien que distribués gratuitement, les gratuiciels sont principalement des logiciels propriétaire qui utilisent des licences de distribution restrictives. Certains logiciels restreignent même votre capacité à les redistribuer. »
 
Pourtant, six ans plus tôt, Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC) a entrepris une étude spéciale afin de déterminer le rôle des logiciels libres dans l’évolution de l’architecture de nos systèmes d’information. Cette recherche, étendue par la suite au gouvernement du Canada, décrit avec justesse ce que la demande d’information n’a pu faire. Cela vient donc accentuer le doute qui plane au dessus de cette fameuse demande d’information… Auraient-ils oublié d’effectuer une simple recherche sur Google en utilisant les mots-cl/s suivants : logiciels libres gouvernement Canada ?

Voici quelques sources supplémentaires qui appuient notre opinion et qui critiquent la définition de la DI :

  • « The department is going about it as though they were out to buy a truck. But open source software is not like most items you purchase from a vendor. Open source software is a human resource issue as much as it is a product » ItWorldCanada
  • « Not only do the terms No Cost Licensed Software focus entirely on the “free beer” aspect, missing that free software is about “free speech”, but the term “No Cost Licensed Software” includes everything that can be downloaded at no cost. » Publié sur un Wiki préparé en réponse à la DI.
  • « There is an industry accepted definition of open source software provided by Open Source Initiative (OSI).  Open source software license specify re-distribution rights, availability of source code and other terms that are not necessarily specified in a ‘freeware’ license.  We would suggest not creating a new one. » publié sur le blogue de Ian Skerrett.

Comme vous pouvez le constater, les répondants démentent avec vigueur cette définition inexacte des logiciels libres. Suivant la définition de la DI, les produits n’étant pas gratuits ne seraient pas des logiciels libres ! Il est fort à parier que TPSGC recevera de nombreuses réponses, si ce n’est que pour corriger sa définition des logiciels libres…

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Written by gouverlibre

3 mars 2009 at 06:26

Publié dans Gouvernement du Canada

Le gouvernement du Canada tend la main aux logiciels libres (partie 1)

with 7 comments

Le 22 janvier dernier, le gouvernement du Canada a affirmé son ouverture face aux logiciels libres en lançant une demande d’information (DI) ayant pour but de « recueillir des commentaires de l’industrie concernant les logiciels libres ». Plus précisément, le gouvernement cherche « à élaborer des lignes directrices concernant la planification, l’acquisition, l’utilisation et la cession de logiciels libres »  Cette initiative a été produite par Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (TPSGC) qui s’occupe notamment des stratégies d’approvisionnement de l’ensemble des ministères fédéraux. Cette demande d’information est très complète et assez bien documentée, preuve que l’autorité contractante a fait ses devoirs avant d’entreprendre cette initiative.

Malgré ces efforts de consultation très positifs, plusieurs critiques ont émané des blogues politiques et intégristes dont celui de Michael Geist, professeur de droit à l’Université d’Ottawa. En effet, on reproche au gouvernement du Canada de ne pas comprendre la vraie philosophie des logiciels libres en limitant son rôle potentiel à celui du « consommateur » plutôt que du développeur ou du distributeur.

Il est de notre avis que cette initiative est plutôt positive en soi et constitue un pas dans la bonne direction. Même si nous sommes d’accord sur le fond de la critique de Michael Geist, nous croyons toutefois qu’il est utopique de penser qu’un gouvernement n’ayant jamais vraiment ouvert la porte aux logiciels libres décide soudainement de recourir à une stratégie complète d’intégration des logiciels libres incluant le volet « contribution à la communauté ». Pour cette raison, nous croyons que ce sondage public permettra de bien orienter la stratégie future du gouvernement en matière d’approvisionnement des logiciels.

Le processus sera terminé le 22 février 2009 et une longue analyse suivra. Les conclusions de cette analyse permettront d’élaborer une nouvelle politique face aux logiciels libres. La politique actuelle du Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada se veut plutôt un survol ou un guide préliminaire. Cette dernière bénéficiera grandement des apports de la nouvelle étude. Le guide actuel, créé en 2005, mentionnait notamment que la convivialité et l’intégration des suites d’applications faisaient défaut sur les systèmes libres. Avec la venue des outils standards intégrés dans les bureaux comme KDE 3.5 ou KDE 4.2, cela nous porte à croire que l’opinion du gouvernement du Canada pourrait changer suite à la publication de cette nouvelle étude !

Est-ce que TPSGC intégrera Linux comme système d’exploitation de base sous peu ? Nous ne le croyons pas… Par contre, il serait envisageable d’utiliser la suite Open Office dans la plupart des ministères…

Et, vous, qu’en pensez-vous ?

Written by gouverlibre

7 février 2009 at 15:57

Publié dans Gouvernement du Canada