Logiciels libres et le Gouvernement

Archive for mars 2009

Dimension économique – Migration vers le libre ou pas ?

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Suite aux nombreuses réactions provoquées par notre article intitulé La crise financière et la migration vers le libre, nous nous sommes posé la question différemment: est-ce que la migration entière vers le libre provoquera des pertes d’emploi si un grand pays comme les É-U décidait de se lancer dans un tel projet en pleine crise financière ?

Nous pensons qu’à court terme, ce sera effectivement le cas. En changeant la dynamique du marché, des pertes d’emploi surviendront certainement dans les grandes entreprises de logiciels propriétaires qui approvisionnent le Gouvernement.

Vous argumenterez probablement que ces pertes d’emploi résulteront en la création d’emplois supplémentaires dans les entreprises de logiciels libres ? Oui, il y aura des nouveaux emplois à moyen terme, mais en temps de crise, il faut parfois faire des sacrifices à court terme pour éviter de gêner la relance économique. C’est pourquoi nous pensons que pour certains pays il faut être prudent pour ne pas trop chambarder le marché et instaurer progressivement la politique de migration vers le libre.

Si vous n’êtes toujours pas convaincus, voici un autre exemple qui permet de bien comprendre ce principe : la chute des grands constructeurs automobiles. Il pourrait sembler logique de ne pas s’ingérer dans le marché des constructeurs. En effet, si on ne leur donne pas d’aide financière, les constructeurs couperont dans la production, ce qui aura pour effet d’équilibrer l’offre et la demande. À l’opposé, en finançant l’industrie des constructeurs automobiles, on favorise la saturation du marché (la « sur-offre ») et donc un excès de création de véhicules. Cela aura pour effet d’inonder le marché et les prix chuteront inévitablement suite à l’offre abondante de véhicules sur le marché, ce qui aura des conséquences grave pour l’industrie automobile. Pourtant, le Gouvernement décide de financer ces géants financiers… Pourquoi ? Simplement, car à court terme, on ne peut pas se permettre toutes ses pertes d’emplois, ce qui ralentirait encore plus l’économie. Finalement, les politiciens veulent probablement entretenir leur capital politique…

Qu’en pensez-vous ?

Croyez-vous que les États-Unis devraient opter pour une politique progressive de migration vers le libre ou une politique radicale complète ?
1) Progressive (étape par étape)
2) Radicale (migration en bloc vers le libre)
3) Je ne sais pas

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Written by jpm2009

29 mars 2009 at 07:54

Publié dans Économie

Dimension politique, direction toute gauche ?

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Nous nous sommes posé la question suivante : est-ce que la migration vers les logiciels libres est davantage supportée par les partis politiques de gauche ?

Nos recherches nous indiquent que cela semble effectivement être le cas en France. Nous avons analysé l’article de Linux France au sujet des « positions des formations politiques sur le logiciel libre et sur la brevetabilité des logiciels. » La plupart des partis de gauche, notamment le parti vert, le parti communiste révolutionnaire, le mouvement des citoyens, le parti communiste Français et le parti socialiste sont en faveur de la migration vers les logiciels libres et en général contre les brevets logiciels. D’autre part, le parti de la démocratie libérale a pour sa part quelques réserves et divergences d’opinions au sujet des brevets logiciels. Évidemment, cette seule analyse ne nous permet pas de tirer des conclusions solides compte tenu du fait que la France tend naturellement vers la Gauche …

Comme nous l’avons vu plus tôt dans le cours, les licences copyleft ont souvent été critiquées par Microsoft qui les considère virales. Considérant le mode de propagation des licences copyleft, voici quelques questions qui nous viennent à l’esprit :

  • Est-ce que cette propagation de licences copyleft favorise un environnement anarchiste ?
  • S’agit-il plutôt d’un environnement contrôlé par l’état sous la forme de lois, donc un peu plus socialiste/communiste ?

Nous vous donnerons notre réponse suite à vos commentaires !

Written by jpm2009

26 mars 2009 at 17:05

Publié dans Politique

L’influence de la France sur le Brésil

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L’Année de la France au Brésil (traduction) est un grand échange culturel entre la France et le Brésil. Elle se déroule présentement, en 2009, et origine du grand succès qu’a connu l’Année du Brésil en France qui s’est déroulée en 2005. La France a pour objectif de peaufiner ses relations avec le Brésil et ce, dans divers sphères d’activités. Comme le commente le site Cultures France : »La France est déjà très présente au Brésil, à travers une programmation artistique riche et diversifiée et des coopérations vivantes dans les domaines scientifique, technique, universitaire, économique. Français et Brésiliens se parlent, échangent, se disputent, réfléchissent ensemble, agissent ensemble. »

Le présent article traite exclusivement du partage des technologies informatiques entre ces deux pays. Le principal événement sera le deuxième congrès international de logiciel libre et du gouvernement électronique. Plus précisément, il s’agit du Congresso Internacional Software Livre e Governo Eletrônico (CONSEGI) (traduction). Il représente d’ailleurs un des plus importants événements dans la programmation officielle de l’Année de la France au Brésil.

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La deuxième édition du Congresso Internacional Software Livre e Governo Eletrônico se déroulera du 26 au 28 août 2009

Du 26 au 28 août 2009, le congrès se déroulera à l’école d’administration des finances (ESAF) (traduction) à Brasília, la capitale du Brésil. Le gouvernement brésilien présentera des logiciels libres qui engloberont des technologies d’aide à l’administration publique.

Plusieurs forums, conférences et ateliers seront animés par des techniciens français d’OW2 et de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA). Le portail, les solutions de technologies de l’information (TI) du gouvernement français, ainsi que l’organisation d’entreprises françaises qui utilisent le logiciel libre seront également exposés. L’agrément de l’Année de la France renforce l’aspect international de l’événement et augmente les opportunités d’intégration et de coopération technologique.

Le CONSEGI vise à promouvoir la coopération et le partage de connaissances entre les organismes gouvernementaux, les sociétés civiles et les pays partenaires. Le congrès permettra de répondre à la nécessité d’instaurer un espace démocratique pour la présentation de la « plateforme Demoiselle » (traduction). Cette dernière tient son nom aux monoplans motorisés « Demoiselle » d’Alberto Santos Dumont, un pionnier brésilien de l’aviation. D’ailleurs, étonnamment, ce brillant homme révélait gratuitement à quiconque les plans de ses créations. Ce geste rappelle certainement le concept de liberté associé aux logiciels libres comme le partage de la connaissance (ou code source), la possibilité de copier les plans originaux et l’adaptation de la connaissance.

Le CONSEGI offrira aux Brésiliens les différentes technologies utilisant les logiciels libres. D’ailleurs, ce congrès démontre que le Brésil est en faveur de la migration vers le logiciel libre. Les principaux sujets des ateliers et des conférences seront des plateformes libres comme « Demoiselle », Java, PostgreSQL, Pentaho, Shell et e-Car, Moodle, etc.

Le CONSEGI sera réalisé par le comité de mise en œuvre du logiciel libre de la présidence de la République (CISL, Comitê Técnico de Implementaçâo do Software Livre), et le service fédéral de traitement de données (SERPRO) (traduction), entreprise publique liée au ministère des Finances, en assurera la logistique.

Les nombreux échanges enrichissants entre le Brésil et la France leur permettront de faire progresser leur savoir dans plusieurs sphères de connaissances. D’autres nations auraient aussi avantage à vivre un tel partage de savoir… Selon vous, avec qui le Canada pourrait-il créer un tel échange ?

Written by gouverlibre

10 mars 2009 at 06:53

Publié dans Gouvernements

2009 : Une année charnière pour les logiciels libres et les gouvernements?

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L’année 2009 est encore bien jeune que l’on retrouve déjà bon nombre d’initiatives vers les logiciels libres à travers le monde au sein des différentes instances gouvernementales. En effet, plusieurs pays ont déjà annoncé leurs couleurs en démontrant au reste du monde leurs intentions de se diriger vers des plates-formes « libre » à l’intérieur de leurs administrations publiques respectives.

En ce début d’année, on dénote entre autres une initiative agressive de la république socialiste du Viêt Nam qui a émis une directive orientée « logiciels libres ». Le ministère de l’Information et des Communications a annoncé qu’il désirait voir 100% de ses serveurs publics migrer vers des logiciels libres d’ici la fin du mois de juin 2009. De plus, elle vise également que 70% de son personnel en technologie de l’information devra être formé sur l’utilisation des logiciels libres et que 40% de ses travailleurs devront être en mesure de bien les utiliser d’ici le 31 décembre 2009. Enfin, l’ensemble des agences gouvernementales devront être à l’aise à 100% avec les technologies « libre » d’ici le 31 décembre 2010. Cette directive ayant pour objectifs de diminuer les coûts en informatique et de contrer le piratage des droits d’auteurs.

Dans le même ordre d’idée, nous vous avions déjà fait part dans l’un de nos articles précédents « Le gouvernement de Cuba lance une distribution Linux NOVA » des initiatives en cours à Cuba, voilà maintenant qu’un autre pays communiste, la Russie, se dirige vers les logiciels libres rapidement. Au cours des derniers mois, le ministre des Technologies de  l’Information et des Communications, Igor Schegolev a rencontré plusieurs hauts dirigeants afin de mettre en place l’une des ses priorités majeures en 2009 pour la Fédération Russe, soit le développement vers les logiciels libres! Pour arriver à ces fins, M. Schegolev a rencontré le Vice-Président de Red Hat, Werner Knoblich afin de participer au développement de projet Linux en plus de créer une association avec les développeurs du projet Fedora.

Par ailleurs, Milan Prohaska, directeur de la compagnie VDEL (distributeur principal des produits Red Hat pour la Russie et l’Europe de l’Est) était présent lors de ses rencontres pour favoriser le développement des logiciels libres en Russie et nous mentionnait : « We believe that the creation of a best practice competence center is the most logical next step in wider adoption of Open Source in Russia…Both Red Hat and VDEL, the organizers of Russian Fedora projects, will provide this center with financial and technological support and also help to build the wider local and international IT industry network needed for this Ministry initiative. ». Finalement, mentionnons que dans un article paru ce lundi, d’autres rencontres entre hauts dirigeants ont eu lieu en février et que la création d’un Centre des Compétences Open Source devrait voir le jour d’ici la fin avril 2009 en Russie.

En somme, les exemples du Viêt Nam et de la Russie représentent qu’une partie des initiatives dans le monde. On mentionnait également dans les dernières semaines la volonté de plusieurs gouvernements de se diriger et ou de renforcer leurs efforts vers les logiciels libres, tel que le gouvernement britannique à titre d’exemple. De par ces faits, est-ce que l’année 2009 représente une année charnière pour les gouvernements et les logiciels libres?

Written by gouverlibre

6 mars 2009 at 23:10

Publié dans Gouvernements

Demande d’information de TPSGC (partie 2!)

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Nous avons porté à votre attention il y a maintenant plusieurs jours que le ministère des Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (TPSGC) a publié le 20 janvier de cette année une demande d’information (DI) visant à recueillir des commentaires de l’industrie concernant les logiciels libres.
 
Après quelques recherches supplémentaires, nous sommes maintenant en mesure d’affirmer que la demande d’information (DI) semble confondre la définition même des logiciels libres. La DI mentionne que les logiciels libres sont ceux « qui ne font pas l’objet d’un coût pour la licence d’utilisation, qui peuvent donc être utilisés sans frais et que l’on se procure le plus souvent en les téléchargeant sur Internet. » Il s’agit plutôt de la définition d’un gratuiciel tel que défini sur Wikipedia : « Un gratuiciel (freeware) est un logiciel mis gratuitement à disposition par son créateur. » Nous avons également trouvé sur cette même page de Wikipedia une distinction bien définie entre les gratuiciels et les logiciels libres qui démontre encore mieux pourquoi TPSGC ne comprend pas bien la définition d’un logiciel libre : « Il faut aussi distinguer le gratuiciel du logiciel libre. Le logiciel libre offre la liberté et non la simple gratuité de la distribution. En particulier, il permet notamment la diffusion et la modification de ses sources, ce qui n’est pas nécessairement le cas des gratuiciels. Bien que distribués gratuitement, les gratuiciels sont principalement des logiciels propriétaire qui utilisent des licences de distribution restrictives. Certains logiciels restreignent même votre capacité à les redistribuer. »
 
Pourtant, six ans plus tôt, Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC) a entrepris une étude spéciale afin de déterminer le rôle des logiciels libres dans l’évolution de l’architecture de nos systèmes d’information. Cette recherche, étendue par la suite au gouvernement du Canada, décrit avec justesse ce que la demande d’information n’a pu faire. Cela vient donc accentuer le doute qui plane au dessus de cette fameuse demande d’information… Auraient-ils oublié d’effectuer une simple recherche sur Google en utilisant les mots-cl/s suivants : logiciels libres gouvernement Canada ?

Voici quelques sources supplémentaires qui appuient notre opinion et qui critiquent la définition de la DI :

  • « The department is going about it as though they were out to buy a truck. But open source software is not like most items you purchase from a vendor. Open source software is a human resource issue as much as it is a product » ItWorldCanada
  • « Not only do the terms No Cost Licensed Software focus entirely on the “free beer” aspect, missing that free software is about “free speech”, but the term “No Cost Licensed Software” includes everything that can be downloaded at no cost. » Publié sur un Wiki préparé en réponse à la DI.
  • « There is an industry accepted definition of open source software provided by Open Source Initiative (OSI).  Open source software license specify re-distribution rights, availability of source code and other terms that are not necessarily specified in a ‘freeware’ license.  We would suggest not creating a new one. » publié sur le blogue de Ian Skerrett.

Comme vous pouvez le constater, les répondants démentent avec vigueur cette définition inexacte des logiciels libres. Suivant la définition de la DI, les produits n’étant pas gratuits ne seraient pas des logiciels libres ! Il est fort à parier que TPSGC recevera de nombreuses réponses, si ce n’est que pour corriger sa définition des logiciels libres…

Written by gouverlibre

3 mars 2009 at 06:26

Publié dans Gouvernement du Canada