Logiciels libres et le Gouvernement

La crise financière et la migration vers le libre

with 12 comments

La crise financière étant omniprésente, nous avons voulu confirmer si le ralentissement économique favorisait ou non la migration vers les logiciels libres dans les différentes instances gouvernementales et surtout s’il était souhaitable que ce changement s’effectue dès maintenant.

Nos recherches nous ont démontré que la question ne fait pas l’unanimité. D’une part, certains auteurs mentionnent que la crise financière mondiale a accéléré et continuera d’accélérer la migration vers les logiciels libres, alors que certains auteurs viennent contredire cette théorie.

Parmi les optimistes, Roger Burkhardt mentionne que la réduction des budgets des TI favorise la migration vers le libre étant donné le coût souvent moins élevé des logiciels libres. 

À l’opposé, Eugene R. Quinn Jr., président-fondateur de IPWatchdog, Inc. et avocat spécialisé dans le domaine de la propriété intellectuelle, croit qu’il n’est pas indiqué pour l’administration Obama de faire le saut au « libre » présentement.

 

IPWatchdog publie des articles au sujet des brevets et de la propriété intellectuelle

IPWatchdog propose une série de publications sur des sujets variés allant des brevets, aux lois concernant la propriété intellectuelle.

 

Dans son dernier article sur le sujet, il mentionne que la migration systématique vers le libre provoqueraient trop de changements d’emplois dans le domaine des technologies de l’information et que ces bouleversements ne sont pas souhaitables alors que l’économie est encore frêle. On comprend donc qu’il favorise une migration tardive lorsque l’économie aura au moins repris un certain rythme…

Nous croyons qu’en cette période de crise financière, il serait approprié d’inclure les logiciels libres dans les processus d’approvisionnements gouvernementaux. D’autre part, nous pensons qu’il peut être un peu risqué d’appliquer une politique complète de migration vers le libre à ce stade-ci. Évidemment, pour les plus petits états ou pays, cela peut s’avérer sans conséquence, mais pour les plus grands pays comme les États-Unis, des difficultés organisationnelles et économiques pourraient survenir si l’on bouleverse le marché de l’emploi. Cela pourrait possiblement nuire à la relance économique. Les grands États doivent donc user de prudence dans leur migration vers le libre…

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Written by gouverlibre

21 février 2009 à 00:37

Publié dans Économie

12 Réponses

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  1. Pour ma part, je crois qu’il est risqué de passer vers le logiciel libre en cette période de récession. Prenons les États-Unis par exemple. Chaque jour, plusieurs milliers de personnes perdent leurs emplois en raison des coupures dans les industries. Imaginez s’il fallait en plus qu’on supprime des emplois en raison de la gratuité du logiciel libre par rapport au logiciel propriétaire. Peut-être que de passer au logiciel libre pendant la période de récession ne ferait qu’aggraver la situation. Il faudrait possiblement penser à une migration progressive dès que la récession se terminera.

    Maxime Laroche

    25 février 2009 at 14:21

  2. Bonjour,

    Je crois que le gouvernement des États-Unis est dans une position particulière. Le fournisseur le plus important de logiciel propriétaire (Microsoft) se trouve aux États-Unis sans parler de toutes les autres grandes entreprises fournissant des logiciels propriétaires. Si le gouvernement des États-Unis se tourne vers le logiciel libre, il affaiblira cette industrie des logiciels propriétaires. Les lobbyistes aux États-Unis sont important alors je ne suis pas sûr que les États-Unis sont prêts pour le logiciel libre. Il lui faudra probablement beaucoup d’études qui démontre que les emplois créés par l’industrie des logiciels libre aux États-Unis pourra remplacer les pertes d’emplois dans l’industrie des logiciels propriétaires.

    Jonathan Guay

    jonathanguay

    28 février 2009 at 10:24

  3. Bonjour,

    La question posée par votre article est très intéressante et très d’actualité. Pour ma part, je suis d’avis qu’une période de ralentissement économique représente ni plus ni moins que le pire timing pour entamer une migration vers le logiciel libre. En effet, les logiciels propriétaires impliquent souvent des coûts de sortie non négligeables entraînant un coût de migration des données assez élevé. C’est en fait en absorbant ces coûts de migrations sur plusieurs années que la migration vers les logiciels libres peut s’avérer profitable économiquement. Donc, à cours terme, une migration vers les logiciels libres implique une absorption des coûts qui n’est certainement pas souhaitable en période de crise économique.

    Référence : http://www.awt.be/web/res/index.aspx?page=res,fr,fic,140,005

    Cordialement,

    Vincent

    Vincent

    13 mars 2009 at 14:09

  4. daniel pascot

    22 mars 2009 at 23:43

  5. Il y a aussi la dimension éthico-économique

    Le mode du logiciel libre propose un nouveau mode d’affaires qui évite les situations de rente et les exploitations forées et abusives du droit de propriété intellectuel

    daniel pascot

    22 mars 2009 at 23:45

  6. y aura-t-il vraiment des pertes d’emploi avec le logiciel libre?

    daniel pascot

    22 mars 2009 at 23:47

  7. M. Pascot:

    Je pense honnêtement que l’adoption des logiciels libres est un excellent projet « social » en soi, mais qu’il ne s’applique pas systématiquement à toutes les situations. Nous devons en effet calculer les impacts économiques pour l’organisation.

    Par exemple, pour une petite entreprise, on va voir si l’on peut sauver sur les coûts. Pour une moyenne entreprise, on pourra peut-être mettre plus l’accent sur la pérennité du logiciel, la possibilité d’avoir un meilleur contrôle, et aussi le coût, alors que pour un pays en entier, il faut tenir compte de tous les aspects et tenter de prendre une décision globale qui favorisera le pays en entier.

    En d’autres termes, si une étude démontre qu’à court terme la migration vers le libre n’est pas favorable pour la reprise économique, il est fort à parier que c’est la décision que le gouvernement prendra.

    Par contre, si c’est le projet est mis sur la glace à court terme, il est évident qu’à moyen terme, la plupart des gouvernements emboîteront le pas, car les avantages à long terme sont bien évidents !

    Ceci dit, je ne sais pas si des pertes d’emploi réelles se matérialiseront suite à la migration vers le libre. Je n’ai pas réussi à trouver de sources concrètes à ce sujet…

    JPM

    jpm2009

    25 mars 2009 at 21:22

  8. […] a comment » Suite aux nombreuses réactions provoquées par notre article intitulé La crise financière et la migration vers le libre, nous nous sommes posé la question différemment: est-ce que la migration entière vers le libre […]

  9. Bonjour

    Moi, je pense que si le gouvernement décide de migrer vers le libre en pleine récession économique, il va y avoir des pertes d’emplois dans les entreprises qui font la promotion du le logiciel propriétaire. Les gens qui ont perdu leur emploi vont devoir se recycler, c’est-à-dire prendre des cours pour pouvoir occuper les nouveaux emplois qui vont ce créer dans le domaine du logiciel libre. À cours terme le chômage va augmenter et ensuite diminuer quand les gens vont être formés pour occuper ces nouveaux emplois. Présentement c’est ce qui est en train de se passer, beaucoup de gens perdent leur emploi dans le domaine de l’automobile et doivent se recycler pour occuper des emplois qui sont davantage en demande. Par contre, je pense que migrer vers le libre maintenant ferrait augmenter davantage le chômage et accentuerait la crise économique parce qu’il aura moins de gens qui auront les moyens de consommer. Il est donc favorable d’attendre un peu que le chômage diminue pour amorcer la migration vers le libre.

    Stéphanie Roy

    Stéphanie Roy

    22 avril 2009 at 01:40

  10. Bonjour Stéphanie,

    Je suis parfaitement d’accord avec vous. Cela résume très bien ma pensée face aux logiciels libres et la migration complète en pleine crise financière. Il est évident qu’une migration progressive est raisonnable, mais encore une fois, si un des grands gouvernements décidait d’appliquer une migration complète vers le libre, cela causerait beaucoup de problèmes à court terme et je ne crois pas que ça soit souhaitable considérant la situation financière actuelle.

    Bonne jounrée !

    JPM

    jpm2009

    22 avril 2009 at 11:51

  11. En coupant des dépenses dans les achats de logiciel on peut préserver des emplois dans les entreprises clientes et chez les founisseurs de service, une stratégie en cas de crise est de préserver le plus d’emplois possibles en misant sur l’avenir (penser aux grands travaux que le gouvernement est en train de lancer), si on maintient des emplois en amorçant une migration on investit dans l’avenir alors qu’en continuant de payer des logiciels propriétaire on maintient une fuite de ressources vers l’étranger (du moins pour le Québec)

    Daniel Pascot

    17 mai 2009 at 23:49

  12. Votre opinion est intéressant. Je n’ai pas vraiment trouvé de source concrète démontrant le coût réel d’une migration vers le libre.

    Il est évident que cette migration a des coûts concrets à court terme (comme tous changements), donc je me demande quel pourcentage cela peut-il représenter par rapport aux dépenses actuelles (statu quo)

    jpm2009

    18 mai 2009 at 09:47


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