Logiciels libres et le Gouvernement

Le gouvernement du Canada tend la main aux logiciels libres (partie 1)

with 7 comments

Le 22 janvier dernier, le gouvernement du Canada a affirmé son ouverture face aux logiciels libres en lançant une demande d’information (DI) ayant pour but de « recueillir des commentaires de l’industrie concernant les logiciels libres ». Plus précisément, le gouvernement cherche « à élaborer des lignes directrices concernant la planification, l’acquisition, l’utilisation et la cession de logiciels libres »  Cette initiative a été produite par Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (TPSGC) qui s’occupe notamment des stratégies d’approvisionnement de l’ensemble des ministères fédéraux. Cette demande d’information est très complète et assez bien documentée, preuve que l’autorité contractante a fait ses devoirs avant d’entreprendre cette initiative.

Malgré ces efforts de consultation très positifs, plusieurs critiques ont émané des blogues politiques et intégristes dont celui de Michael Geist, professeur de droit à l’Université d’Ottawa. En effet, on reproche au gouvernement du Canada de ne pas comprendre la vraie philosophie des logiciels libres en limitant son rôle potentiel à celui du « consommateur » plutôt que du développeur ou du distributeur.

Il est de notre avis que cette initiative est plutôt positive en soi et constitue un pas dans la bonne direction. Même si nous sommes d’accord sur le fond de la critique de Michael Geist, nous croyons toutefois qu’il est utopique de penser qu’un gouvernement n’ayant jamais vraiment ouvert la porte aux logiciels libres décide soudainement de recourir à une stratégie complète d’intégration des logiciels libres incluant le volet « contribution à la communauté ». Pour cette raison, nous croyons que ce sondage public permettra de bien orienter la stratégie future du gouvernement en matière d’approvisionnement des logiciels.

Le processus sera terminé le 22 février 2009 et une longue analyse suivra. Les conclusions de cette analyse permettront d’élaborer une nouvelle politique face aux logiciels libres. La politique actuelle du Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada se veut plutôt un survol ou un guide préliminaire. Cette dernière bénéficiera grandement des apports de la nouvelle étude. Le guide actuel, créé en 2005, mentionnait notamment que la convivialité et l’intégration des suites d’applications faisaient défaut sur les systèmes libres. Avec la venue des outils standards intégrés dans les bureaux comme KDE 3.5 ou KDE 4.2, cela nous porte à croire que l’opinion du gouvernement du Canada pourrait changer suite à la publication de cette nouvelle étude !

Est-ce que TPSGC intégrera Linux comme système d’exploitation de base sous peu ? Nous ne le croyons pas… Par contre, il serait envisageable d’utiliser la suite Open Office dans la plupart des ministères…

Et, vous, qu’en pensez-vous ?

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Written by gouverlibre

7 février 2009 à 15:57

Publié dans Gouvernement du Canada

7 Réponses

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  1. daniel pascot

    11 février 2009 at 12:30

  2. Les réactions sont effectivement variées. Plutôt que de critiquer la position actuelle du Gouvernement face aux logiciels libres et la façon dont il demande aux gens de s’exprimer, les gens devraient plutôt concentrer leurs efforts pour écrire leurs représentations et les envoyer avant l’expiration du délai.

    Un autre article de la CBC à propos de cette demande d’information:

    http://www.cbc.ca/technology/story/2009/02/12/tech-feds-open-source.html

    On y raconte notamment que le Gouvernement du Canada aurait exclu de son processus d’approvisionnement certains logiciels libres, car ils menaient à un vide juridique. En effet, les logiciels étant gratuits causaient des problèmes comptables :

    « Leibovitch said the government might have been reluctant in the past to embrace open-source software because of the accounting difficulties of owning software « assets » that are free, as well as some people’s belief that « you get what you pay for. » »

    Personnellement, c’était la première fois que j’entendais cet argument… Parmi les arguments traditionnels, on note le coût imprévisible de la maintenance, le manque de sérieux des logiciels libres, les problèmes de compatibilité, les problèmes liés aux licences, la non-convivialité des interfaces graphiques, etc.

    jpm2009

    13 février 2009 at 19:15

  3. Félicitations pour votre blog.

    Une compagnie, que je connais bien, qui agit à titre de consultant pour une agence du gouvernement fédéral canadien a proposé à son client d’utiliser un logiciel libre spécialisé pour résoudre un problème technique. L’agence avait 2 options de licences: la LGPL ou une licence qui ne les obligeait pas à publier le code source de leurs modifications moyennant des frais. L’agence à choisi de payer. Il y avait beaucoup de problèmes légaux à choisir la LGPL. Ceci illustre bien le rôle de consommateur du gouvernement plutôt que celui de contributeur. Personnellement, je crois qu’être un consommateur de logiciel libre est quand même un bon début.

    Jonathan Guay

    jonathanguay

    26 février 2009 at 21:35

  4. Bonjour,

    Je crois que le gouvernement et les logiciels libres est un sujet d’actualité. Nous avons qu’à fureter Internet pour constater que plusieurs gouvernements prennent la décision de se diriger vers le libre ou du moins le considérer dans leur option. Un grand pas a été fait de ce côté. Mais il en reste encore à faire. Lorsque l’on regarde les montants déboursés à l’égard des logiciels propriétaires, c’est à s’arracher les cheveux sur la tête. Il est évident que la migration vers le libre ne peut se faire du jour au lendemain et que malgré tout la bonne volonté, il restera toujours des logiciels propriétaires mais je crois que l’on peut trouver un juste milieu.

    Voici quelques articles intéressants à lire:

    http://www.silicon.fr/fr/news/2009/02/26/le_gouvernement_britannique_attire_par_les_logiciels_libres

    http://informatiquelibre.info/fr/node/3255

    Sophie Perreault

    Sophie Perreault

    1 mars 2009 at 11:11

  5. […] a comment » Nous avons porté à votre attention il y a maintenant plusieurs jours que le ministère des Travaux publics et Services gouvernementaux […]

  6. pensez-vous qu’avec du logiciel propriétaire il n’y a jamais de surprise de maintenance ou de pérennité (par défaut du fournisseur)?

    Daniel Pascot

    17 mai 2009 at 23:29

  7. Il est évident que les logiciels propriétaires présentent aussi un ensemble de surprises lors des mises à jour. La plupart des grandes organisations gouvernementales ont des petits réseaux parallèles sur lesquels ils doivent tester tous les logiciels avant de les installer sur le vrai réseau. Ceci dit, dépendamment de la popularité du logiciel libre utilisé et du nombre de programmeurs qui auront pris le temps de réviser le code, la qualité du logiciel peut varier énormément. Il n’y a pas de recette gagnante…

    Finalement, je pense que plus un logiciel libre est populaire, plus le code sera modifié et donc le logiciel devriendra professionnel. Étant donné que la migration vers le libre s’opère actuellement de façon progressive, cela semble indiquer que la qualité et compatibilité des logiciels libres n’ira qu’en augmentant…

    jpm2009

    18 mai 2009 at 09:42


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