Logiciels libres et le Gouvernement

Archive for février 2009

La crise financière et la migration vers le libre

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La crise financière étant omniprésente, nous avons voulu confirmer si le ralentissement économique favorisait ou non la migration vers les logiciels libres dans les différentes instances gouvernementales et surtout s’il était souhaitable que ce changement s’effectue dès maintenant.

Nos recherches nous ont démontré que la question ne fait pas l’unanimité. D’une part, certains auteurs mentionnent que la crise financière mondiale a accéléré et continuera d’accélérer la migration vers les logiciels libres, alors que certains auteurs viennent contredire cette théorie.

Parmi les optimistes, Roger Burkhardt mentionne que la réduction des budgets des TI favorise la migration vers le libre étant donné le coût souvent moins élevé des logiciels libres. 

À l’opposé, Eugene R. Quinn Jr., président-fondateur de IPWatchdog, Inc. et avocat spécialisé dans le domaine de la propriété intellectuelle, croit qu’il n’est pas indiqué pour l’administration Obama de faire le saut au « libre » présentement.

 

IPWatchdog publie des articles au sujet des brevets et de la propriété intellectuelle

IPWatchdog propose une série de publications sur des sujets variés allant des brevets, aux lois concernant la propriété intellectuelle.

 

Dans son dernier article sur le sujet, il mentionne que la migration systématique vers le libre provoqueraient trop de changements d’emplois dans le domaine des technologies de l’information et que ces bouleversements ne sont pas souhaitables alors que l’économie est encore frêle. On comprend donc qu’il favorise une migration tardive lorsque l’économie aura au moins repris un certain rythme…

Nous croyons qu’en cette période de crise financière, il serait approprié d’inclure les logiciels libres dans les processus d’approvisionnements gouvernementaux. D’autre part, nous pensons qu’il peut être un peu risqué d’appliquer une politique complète de migration vers le libre à ce stade-ci. Évidemment, pour les plus petits états ou pays, cela peut s’avérer sans conséquence, mais pour les plus grands pays comme les États-Unis, des difficultés organisationnelles et économiques pourraient survenir si l’on bouleverse le marché de l’emploi. Cela pourrait possiblement nuire à la relance économique. Les grands États doivent donc user de prudence dans leur migration vers le libre…

Written by gouverlibre

21 février 2009 at 00:37

Publié dans Économie

Le gouvernement de Cuba lance une distribution Linux « NOVA »

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Le 11 février dernier, le gouvernement Cubain annonçait officiellement lors de sa conférence internationale sur les technologies et les communications à la Havane, le lancement d’une nouvelle distribution Linux appelé NOVA.  Le résultat final de la distribution NOVA est inspiré de la distribution « Gentoo » et découle de travaux réalisés sur plusieurs années entre l’Université des sciences TI de Cuba et le projet UTUTO en provenance de l’Argentine. Rappelons que lors de cette même conférence l’an dernier, Richard Stallman avait grandement tenté de décourager la population d’utiliser des produits Microsoft. 

Il faut également prendre en considération que la vente légale d’ordinateurs au grand public n’est permise que depuis un an dans ce pays. Actuellement, seulement 20% des ordinateurs vendus sur le marché sont dotés d’un système d’exploitation Linux. Hector Rodriguez, doyen de l’école des logiciels libres à l’Université des sciences TI à Cuba, mentionne que « The free software movement is closer to the ideology of the Cuban people, above all for the independence and sovereignty ». De plus, ce dernier aimerait voir la progression des logiciels libres atteindre 50% d’ici 5 ans. Selon le gouvernement cubain, les produits capitalistes de Microsoft représentent une menace pour l’intégrité des informations cubaines, craignant entre autres que les Américains installe du code malicieux ou des « Backdoors » dans leur logiciel afin d’alimenter les services d’intelligence secrets et l’armée américaine. Par conséquent, après avoir résisté à la puissance économique américaine pendant des années, le régime communiste cubain débute maintenant une guerre dans le monde de l’informatique!

Mentionnons que le mouvement « Logiciels libres » du gouvernement cubain s’inspire de plusieurs autres pays ayant déjà migré vers le libre ou ayant des projets pilote en cours au niveau de leur gouvernement. On retrouve notamment des projets dans des pays tels que la Chine, le Nigéria, le Brésil, le Vénézuela, la Norvège, etc.

Que pensez-vous de cette nouvelle tendance du gourvernement cubain? Pensez-vous que la migration vers le libre est plus facile dans un pays communiste? Finalement, est-ce un mal nécessaire pour la survie technologique de ce pays?

Written by gouverlibre

18 février 2009 at 08:52

Publié dans Gouvernements

Tentatives timides du gouvernement québécois

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Les efforts de nos gouvernements face à l’utilisation des logiciels libres semblent parfois incertains. Malgré les controverses et les divergences d’opinions entre certaines organisations gouvernementales et citoyennes, des efforts concrets semblent apparaître au sein du gouvernement québécois. Plusieurs études et expérimentations ont été tentées et outre la possible utilisation d’OpenOffice, un intérêt pour le moteur de recherche Nutch et quelques autres logiciels libres a été démontré. Ces logiciels sont présentement implantés dans plus de 400 sites du gouvernement provincial et indexent maintenant plus de 300,000 documents. Ces logiciels ont été implantés pour satisfaire trois utilisations :

– Moteur de recherche (Nutch et Hadoop)

– Capsules d’informations (Apache Wicket)

– Gestion de contenu d’entreprise (Alfresco)

Présentement, le gouvernement du Québec, la Commission de la Protection du Territoire Agricole du Québec, le Ministère de la Sécurité Publique, Services Québec et le Ministère des Services Gouvernementaux et la Bibliothèque et Archives Nationales du Québec utilisent ces logiciels libres. Cette initiative du gouvernement du Québec provient du Ministère des Services Gouvernementaux.

L’implantation de ces logiciels libres a été effectuée par une entreprise Québécoise: DocuLibre. Cette entreprise se donne pour mission d’intégrer une gamme complète de logiciels libres permettant de gérer, organiser, valider, rechercher, échanger et archiver de la documentation.

Le résultat de cette expérimentation semble être positif. Cet effort pour le logiciel libre est encore visible et en fonction au sein des sites gouvernementaux cités plus tôt. Par contre, nous trouvons déplorable que le résultat de ces expérimentations ne soit pas documenté adéquatement. Il a été possible et facile de dénicher de l’information sur les intentions et l’intérêt que le gouvernement porte aux logiciels libres, mais malheureusement, trouver les résultats de cette migration timidement tentée est ardu. Il est possible d’en observer quelques traces au travers de rapports et d’études effectués par CIRANO. Le CIRANO est un centre interuniversitaire de recherche, de liaison et de transfert des savoirs en analyse des organisations, une voie d’accès aux meilleurs chercheurs dans ce domaine pour toute entreprise ou organisation, tant privée que publique, désireuse de trouver des moyens innovateurs d’améliorer l’efficacité de ses activités (Cirano en bref). Entre janvier 2005 et février 2007, le Comité directeur pour le logiciel libre (CODELL) à été formé. Les détails de ce comité et les résultats qui ont pu en résulter sont absent sur le Web et sur les sites gouvernementaux québécois.

Nous avons pu consulter un guide du logiciel libre au gouvernement du Québec qui contient une conclusion vague, mais favorable à l’utilisation de celui-ci au sein de notre gouvernement provincial. Ce sont, pour l’instant, les résultats les plus concrets concernant l’utilisation de logiciels libres au sein du gouvernement provincial pour la gestion d’information et de contenus.

Written by gouverlibre

16 février 2009 at 00:16

Le gouvernement québécois poursuivi

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Alors que la population québécoise croit que son gouvernement se dirige lentement vers les logiciels libres, plusieurs organismes nous ont fait preuve du contraire en poursuivant celui-ci : il aurait privilégié aveuglément certains logiciels bien connus, ceux du géant Microsoft.

Plus précisément, il s’agit de deux organismes québécois : FACIL et Savoir Faire Linux. Le premier est une association à but non lucratif qui prône l’appropriation collective de l’informatique libre. Le deuxième est une société d’informatique. Ils confrontent présentement les mauvaises pratiques du gouvernement québecois. Ils dénoncent haut et fort leur non-respect de la procédure d’appel d’offres pour l’achat de logiciels.

De plus, FACIL accuse même le gouvernement provincial d’abuser de la disposition leur permettant d’acheter des logiciels sans appel d’offres. «Trop souvent l’administration québécoise refuse d’envisager et même d’évaluer l’option du logiciel libre» affirme l’organisme. Le gouvernement québécois dépenserait 80 millions de dollars selon FACIL pour des licences d’exploitation des logiciels de Microsoft.

Par le fait même, le président de Savoir Faire Linux, Cyrille Béraud, entame une poursuite judiciaire contre le gouvernement du Québec afin qu’il respecte ses propres lois. Concrètement, parmi tous les différents secteurs gouvernementaux, cet homme pointe sévèrement la Régie des Rentes du Québec du doigt : elle aurait procédé au renouvellement des licences de Microsoft Windows sans appel d’offres lorsqu’elle a changé son système d’exploitation pour Microsoft Windows Vista.

Le gouvernement doit faire un appel d’offres à plusieurs entreprises avant de se procurer des logiciels pour ses différents ministères. Cette procédure permet à tous les concurrents, des plus petites entreprises locales aux plus prospères multinationales étrangères, d’avoir une chance de présenter leur solution et d’obtenir le mandat. Logiquement, la libre concurrence fait profiter à tous.

D’ailleurs, nous avons effectué une recherche dans la loi sur l’administration publique, et d’après l’article 11 du règlement sur les contrats d’approvisionnement, de construction et de services des ministères et des organismes publics, «un contrat ne peut être conclu que s’il a été précédé d’un appel d’offres, sauf lorsque le montant du contrat est inférieur à:

  • 1° 5 000 $ pour un contrat d’approvisionnement;
  • 2° 10 000 $ pour un contrat de services auxiliaires;
  • 3° 25 000 $ pour un contrat de construction ou de services professionnels.»

Nous avons vérifié la longue liste d’exceptions stipulées à l’article 12 et à moins que Microsoft détienne une offre à commandes permanente avec le Gouvernement du Québec, il ne semble pas y avoir de raison valable pour éviter l’appel d’offres. Peut-être ont-ils simplement utilisé la provision #4 de l’article 12 qui prévoit que si aucun autre fournisseur ne peut répondre à la demande exacte du gouvernement, ils peuvent procéder sans appel d’offres…?

En effectuant des appels d’offres, le gouvernement n’est-il pas en mesure de réaliser les économies dont il pourrait bénéficier en employant des logiciels libres? N’aurait-il pas à débourser des montants moins onéreux, étant donné la concurrence des logiciels propriétaires? Ne stimulerait-il pas l’émergence d’emplois locaux? La société québécoise ne pourrait-elle pas en profiter?

Information Complémentaire

Poursuite sur le site de FACIL

Savoir Faire Linux contre la Régie des Rentes du Québec

 

 

Written by gouverlibre

13 février 2009 at 15:44

Le gouvernement du Canada tend la main aux logiciels libres (partie 1)

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Le 22 janvier dernier, le gouvernement du Canada a affirmé son ouverture face aux logiciels libres en lançant une demande d’information (DI) ayant pour but de « recueillir des commentaires de l’industrie concernant les logiciels libres ». Plus précisément, le gouvernement cherche « à élaborer des lignes directrices concernant la planification, l’acquisition, l’utilisation et la cession de logiciels libres »  Cette initiative a été produite par Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (TPSGC) qui s’occupe notamment des stratégies d’approvisionnement de l’ensemble des ministères fédéraux. Cette demande d’information est très complète et assez bien documentée, preuve que l’autorité contractante a fait ses devoirs avant d’entreprendre cette initiative.

Malgré ces efforts de consultation très positifs, plusieurs critiques ont émané des blogues politiques et intégristes dont celui de Michael Geist, professeur de droit à l’Université d’Ottawa. En effet, on reproche au gouvernement du Canada de ne pas comprendre la vraie philosophie des logiciels libres en limitant son rôle potentiel à celui du « consommateur » plutôt que du développeur ou du distributeur.

Il est de notre avis que cette initiative est plutôt positive en soi et constitue un pas dans la bonne direction. Même si nous sommes d’accord sur le fond de la critique de Michael Geist, nous croyons toutefois qu’il est utopique de penser qu’un gouvernement n’ayant jamais vraiment ouvert la porte aux logiciels libres décide soudainement de recourir à une stratégie complète d’intégration des logiciels libres incluant le volet « contribution à la communauté ». Pour cette raison, nous croyons que ce sondage public permettra de bien orienter la stratégie future du gouvernement en matière d’approvisionnement des logiciels.

Le processus sera terminé le 22 février 2009 et une longue analyse suivra. Les conclusions de cette analyse permettront d’élaborer une nouvelle politique face aux logiciels libres. La politique actuelle du Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada se veut plutôt un survol ou un guide préliminaire. Cette dernière bénéficiera grandement des apports de la nouvelle étude. Le guide actuel, créé en 2005, mentionnait notamment que la convivialité et l’intégration des suites d’applications faisaient défaut sur les systèmes libres. Avec la venue des outils standards intégrés dans les bureaux comme KDE 3.5 ou KDE 4.2, cela nous porte à croire que l’opinion du gouvernement du Canada pourrait changer suite à la publication de cette nouvelle étude !

Est-ce que TPSGC intégrera Linux comme système d’exploitation de base sous peu ? Nous ne le croyons pas… Par contre, il serait envisageable d’utiliser la suite Open Office dans la plupart des ministères…

Et, vous, qu’en pensez-vous ?

Written by gouverlibre

7 février 2009 at 15:57

Publié dans Gouvernement du Canada