Logiciels libres et le Gouvernement

Le devoir de notre gouvernement

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Qu’est-ce qu’un gouvernement?

« Le gouvernement est l’ensemble des personnes et des services chargés du pouvoir exécutif dans un État. Le gouvernement décide et entreprend les actions nécessaires à la conduite de l’État. Il en est responsable devant les citoyens. » (Source)

Portez attention particulièrement sur trois mots qui font partie intégrale de la définition ci-haut : « pouvoir », « décide » et « responsable ».

Premièrement, lorsque le peuple québécois élit les membres de son gouvernement, il leur octroie le pouvoir, ce qui lui engendre un nombre incommensurable de responsabilités et un devoir d’une importance monumentale. Pour ce faire, les québécois qui votent, choisissent le candidat qui les représentera et qui défendra le mieux leurs intérêts. Par conséquent, ils ont des attentes envers le gouvernement puisqu’ils leur ont fait confiance.

Deuxièmement, le pouvoir permet au gouvernement de prendre des décisions, d’agir et de commander. Les dirigeants doivent trouver des solutions éclairées pour les enjeux de la société. Les décisions engendrent des répercussions sur la population.

Troisièmement, en faisant des choix pour son peuple, il est entièrement responsable de ses choix, de ses actions et bien sûr, des conséquences résultantes qui suivront. L’autorité doit toujours faire preuve d’intégralité, d’objectivité et d’impartialité dans la prise de décisions. En adoptant une optique favorisant obligatoirement le bien du peuple, leurs choix doivent êtres réfléchis, astucieux et justes.

Après avoir défini le devoir de notre gouvernement, quel sera ses futures implications envers les logiciels libres? Il a été démontré tout au long de la session que les gouvernements bénéficieraient grandement des logiciels libres. Ne devrait-il pas les accueillir à bras ouverts? Ne devrait-il pas les implanter progressivement dans ses différents ministères, Santé, Éducation, Finance, etc.? Ne serait-il pas l’avenue à envisager pour le bien-être de la population québécoise?

Rédigé par aledm

19 avril 2009 à 14:38

Le Gouvernement et les logiciels libres : une utopie en développement

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En écrivant cet article, je me suis d’abord dit que j’allais l’intituler « Le Gouvernement et les logiciels libres : une utopie en développement » Toutefois, j’ai hésité, car le terme utopie a perdu avec le temps son sens « idéal » et a maintenant une définition plus péjorative. Il est plutôt défini comme un mythe, une fable, une illusion, voir même un leurre, un rêve, un mirage… Alors pourquoi conserver ce titre ? Il est vrai que la société ne s’est jamais concrètement approchée de l’Utopie de Thomas More ou de la République de Platon, mais ce terme a été récemment redéfini par Albert Jacquard. Ce dernier a expliqué dans son livre « Mon Utopie » qu’il est possible de parler d’une utopie tout en proposant des actions concrètes pour atteindre ce monde idéal.

 

LUtopie tel que décrit par Sir Thomas More

L'Utopie telle que décrite par Sir Thomas More en 1516

 

Alors dans ce gouvernement idéal, quelle place prendrait les logiciels libres ? Au cours de la session, nous avons parcouru les différentes dimensions des logiciels libres. Nous avons déterminé que des économies substantielles pouvaient être réalisées en investissant dans les logiciels libres. Nous avons aussi constaté qu’à long terme, les logiciels libres sont plus sécuritaires et offrent une solution pérenne non négligeable. L’indépendance offerte par les logiciels libres vient conclure cette série d’aspects positifs que les gouvernements doivent absolument prendre en considération.

Nous avons répertorié un ensemble de pays et d’états ayant adopté des solutions libres, mais nous avons constaté que les plus grands états et surtout les plus industrialisés tirent de l’arrière. Nous avons aussi constaté que les pays de la gauche ont plus rapidement adopté les logiciels libres, alors que les pays plus à droite, comme les États-Unis tardent à adopter les logiciels libres. Avec la venue d’Obama et de son gouvernement « d’ouverture », nous croyons qu’il est probable que les États-Unis prennent de plus en plus d’actions concrètes pour migrer vers le libre. Migrer vers le libre ne veut pas nécessaire dire qu’il fasse systématiquement choisir le libre à tout prix, mais plutôt inclure les solutions libres dans le processus d’achat. Si suite à ce processus d’approvisionnement le gouvernement juge que les logiciels libres ne font pas l’affaire pour un certain projet, alors au moins l’option aura été prise en considération et le gouvernement pourra se vanter d’avoir fait ses devoirs.

Pour leur part, le Canada et le Québec tirent de l’arrière par rapport à d’autres pays comme la France. Nous croyons que des actions concrètes doivent être prises par les différents paliers gouvernementaux afin d’inclure les logiciels dans les appels d’offres. Le gouvernement du Québec, qui a récemment agit avec maladresse dans le dossier de Microsoft Office, devra certainement suivre ce conseil…

Rédigé par jpm2009

18 avril 2009 à 12:00

Publié dans Gouvernements

À quand la politique Open Source?

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L’entrée des logiciels libres dans le monde gouvernemental n’a pas qu’ébranlé la vision que nous avions de la responsabilité des gouvernements dans le choix de leurs logiciels. L’apparition graduelle et réussie des logiciels libres et de leur philosophie a entraîné une réflexion qui a permis le développement du concept à des domaines autres que celui du logiciel : « LE LIBRE ». Le monde du matériel informatique en compte quelques exemples (Arduino, Gumstix) tout comme celui de la création(Creative Common) et même le monde de la nourriture se met de la partie (OpenCola).

La sphère politique a vu certaines opportunités qu’offre le logiciel libre et une nouvelle idée est apparue au sein de la communauté électronique et politique: la politique libre (traduction libre de Open Source Politics). Qu’est ce que la politique libre? En fait, c’est un concept énormément débattu. Par contre, nous savons que cette idée à pris racine au sein même du monde politique: probablement durant les élections américaines opposant Georges W. Bush contre John Kerry. En effet, Howard Dean, alors président du comité national démocrate, tentait d’acquérir des votes et trouva une solution originale pour toucher le plus de voteurs possible: Internet et ses outils. Un résumé de cette histoire peut être lu sur le site de WIRED.

Un article écrit par Micah L. Sifry parut dans The Nation(article) en 2004 est une ébauche de ce que pourrait être la politique libre. L’auteur se base sur le fonctionnement des logiciels libres et offre un équivalent politique intéressant:

Appliqué aux organisations politiques, ’source ouverte’ signifierait ouvrir la planification et l’implantation à la participation de la communauté, laissant les participants évaluer la valeur des plans et des actions pour éventuellement être capable de concentrer ses ressources loin des mauvais plans et des mauvais planificateurs pour les diriger vers des meilleurs et ainsi obtenir plus de participation à la vie politique. Cette nouvelle vision signifierait que la politique devrait s’éloigner du modèle d’organisation égocentrique pour se concentrer sur une organisation réseautée. (traduction libre) (source)

Bien sur, ce modèle ne se vente pas d’être parfait ni exact. Déjà, au moment où on doit nommer le phénomène, la discussion s’impose. Certains parlent d’Open source politics quand d’autre préfère dire Open politics. La différence entre les deux se situe évidemment dans le mot ’source’. Pour Nicco Mele, un ancien webmestre pour Howard Dean, ‘open source’ veut dire quelque chose de bien précis pour les hackers mais pour la culture populaire l’expression signifie quelque chose de légèrement différent. [Il est] confortable avec la notion que les principes fondamentaux de l’open source sont la collaboration, l’accessibilité et la transparence (source). Une crainte au sein de la communauté technophile est portée sur la possible confusion entre l’open source et l’open source politics qui pourrait laisser croire que c’est uniquement la technologie qui fait partie de la solution.

Pour le moment, l’idée semble en gestation. Une réflexion sur le sujet doit être approfondie. Les caractéristiques de base de cette nouvelle façon de politiser ne sont pas encore synthétisées. Plusieurs tentatives et modèles peuvent être découverts sur le net. The white house 2 propose un système où les participants peuvent proposer des priorités politiques, les endosser ou les rejeter. C’est aussi un lieu disponible pour la discussion et l’échange d’informations. Une alternative canadienne existe et se nomme openpolitics.ca. La mission de ce site est clairement expliquée, mais il reste encore à voir l’efficacité de ces méthodes.

La politique libre semble être une bonne idée mais tout comme les logiciels libres, il lui faudra du temps et du travail avant d’arriver à un résultat aussi efficace. Par contre c’est un concept qui mérite réflexion. Même si le concept semble difficile à appliquer concrètement, pensez-vous que les dirigeants politiques devraient envisager une version hybrides redonnant le pouvoir au peuple ?

Rédigé par pierrelibre

7 avril 2009 à 06:11

Publié dans Politique

Politiques d’approvisionnements des logiciels au sein des gouvernements?

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Le 13 février 2009 dernier, nous avions publié un article dénonçant les façons de faire douteuse de la Direction générale des acquisitions du Centre de services partagés du Québec  quant à l’attribution d’une série de contrats, sans même avoir procédé à des appels d’offres, à des sociétés de logiciels propriétaires tels comme Microsoft Canada.

Récemment, nous avons remarqué que le problème semble persistant au sein de certains gouvernements un peu partout dans le monde. En janvier dernier, trois compagnies hongroises ont soumis des plaintes au sein de la Comission européenne pour dénoncer des pratiques illégales du gouvernement hongrois dans l’acquisition de logiciels. Selon ces firmes privées, des contrats d’approvisionnement en logiciels étaient fortement favorisés vers les produits Microsoft sur une base régulière.

Jeudi dernier, soit le 2 avril 2009, le secrétaire responsable des technologies de l’information et des communications, Ferenc Baja,  annonçait que le gouvernement hongrois allait promouvoir l’accès aux logiciels libres dans les différentes instances gouvernementales, notamment au sein du secteur de l’Éducation et des agences gouvernementales. Le gouvernement accordera 12 milliards de forints, soit l’équivalent de 54 millions de dollars US pour l’approvisionnement de logiciels libres, soit le même montant que le gouvernement alloue pour l’approvisionnement en logiciels propriétaires avec des produits Microsoft.

En modifiant ses politiques d’approvisionnements, le gouvernement hongrois croit ainsi offrir une saine compétition pour l’octroi des contrats de logiciels et offre ainsi une belle opportunité aux développeurs de logiciels libres de prendre une part du marché. De plus, notons que le gouvernement hongrois va remettre en place son « Software Competency Center » dans le but de favoriser la transition vers les logiciels libres et de venir en aide aux gestionnaires de ces projets.

 

Gouvernement Hongrois

 

En favorisant l’attribution de contrats sans appel d’offres, les gouvernements s’exposent fort probablement à des poursuites à long terme. Selon vous, est-ce que le gouvernement du Québec ne devrait-il pas s’inspirer de cette initiative hongroise? Est-ce que vous avez d’autres exemples de politiques d’approvisionnement de logiciels douteuses au sein des gouvernements?

Rédigé par volley09

7 avril 2009 à 06:11

Publié dans Gouvernements

Asianux à la conquête de l’Asie

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Logo de la distribution Asianux

Distribution Linux, Asianux

 
Asianux est une distribution Linux conjointement développée par plusieurs entreprises de différents pays asiatiques. Ce logiciel est conçu comme une composante de base ou un noyau pour une distribution Linux où d’autres versions pourraient être conçues par des entreprises comme étant leur propre distribution avec des caractéristiques distinctes. Les langues présentement supportées sont le chinois, le japonais, le coréen et l’anglais.

Le consortium Asianux applique un modèle d’affaire unique : le « 4-CO » (« co-development, co-brand, co-support, co-marketing »). Ceci lui permet de se différencier des autres fournisseurs Linux. Asianux contribue à établir une plateforme de référence Linux en Asie en combinant la sagesse de ce continent et en profitant de l’intégration des ressources locales.

Initialement, le consortium était composé de trois membres. Depuis les deux dernières années, deux autres joueurs se sont joints au consortium d’Asianux.

 

Red Flag Linux, société crée par le gouvernement chinois

Red Flag Linux, société crée par le gouvernement chinois

 

Dans les années 2000, la Chine cherchait à entrer dans l’industrie des logiciels afin d’instaurer un système d’exploitation adéquat dû au faible intérêt de l’Occident pour les spécificités linguistiques asiatiques. Le gouvernement chinois, plus précisément le Ministère de l’Industrie de l’Information (MII) et l’Académie des sciences de Pékin, a créé la société Red Flag. Aujourd’hui, cette organisation est classée numéro un chinois du logiciel libre. C’est d’ailleurs elle qui a lancé le projet Asianux. Le succès de Red Flag Linux est entre autre attribué à sa grande ressemblance avec Windows XP afin d’aider l’intégration dans la population générale. Il s’agit d’un excellent modèle d’affaires.

 

Fournisseur japonais, Miracle Linux

Fournisseur japonais, Miracle Linux

 

Partenaire depuis le départ, Miracle Linux est un fournisseur japonais de logiciels dédiés aux produits reliés au système d’exploitation serveur Linux ayant développé leur propre distribution Linux, Miracle Linux. Ce fournisseur japonais porte une variété de projets qui mettent l’accent sur le développement et la vente du système d’exploitation serveur Linux. Miracle Linux a grandement aider à la progression du projet Asianux pour le développement du système d’exploitation Linux asiatique commun.

 

haansoft

Fournisseur coréen, Haansoft

 

Deuxième partenaire d’origine, la compagnie Haansoft est un « leader » innovateur dans l’industrie des logiciels de la Corée depuis sa création en 1990. Haansoft Inc. a montré la voie à suivre aux autres entreprises coréennes et a clairement défini, par ses réussites, son rôle de modèle. Haansoft tient à élargir le marché des logiciels et à aider le marché à se diriger vers le mouvement du logiciel libre.

 

vietsoftware

L'un des deux nouveaux membres du consortium Asianux

 

Depuis le mois de septembre 2007, VietSoftware Inc. participe au projet Asianux. VietSoftware est une entreprise offrant des services technologiques basée au Vietnam depuis 2002.

 

La nouvelle recrue du consortium

La nouvelle recrue du consortium

 

Le plus récent membre du consortium Asianux, WTEC est une compagnie thaïlandaise fondée en 2003. Elle est spécialisée dans le domaine d’intégration de systèmes et de services en Technologies de l’Information. Étant membre du « Open Source Software Network » (OSSN), une organisation menée par le ministère de la Science de Thaïlande, WTEC a participé à plusieurs initiatives qui ont aidé à promouvoir le « open source » en Thaïlande.

Avec la venue du WTEC, Asianux semble de plus en plus élargir son marché en Asie. Selon M. Takashi Kodama, président et chef de la direction de Miracle Linux, la Thaïlande représenterait huit pour cent de la part du marché de Linux.

Asianux deviendra-il, la plateforme Linux par excellence en Asie?

Rédigé par gouverlibre

7 avril 2009 à 06:11

Publié dans Gouvernements

Dimension économique – Migration vers le libre ou pas ?

avec 5 commentaires

Suite aux nombreuses réactions provoquées par notre article intitulé La crise financière et la migration vers le libre, nous nous sommes posé la question différemment: est-ce que la migration entière vers le libre provoquera des pertes d’emploi si un grand pays comme les É-U décidait de se lancer dans un tel projet en pleine crise financière ?

Nous pensons qu’à court terme, ce sera effectivement le cas. En changeant la dynamique du marché, des pertes d’emploi surviendront certainement dans les grandes entreprises de logiciels propriétaires qui approvisionnent le Gouvernement.

Vous argumenterez probablement que ces pertes d’emploi résulteront en la création d’emplois supplémentaires dans les entreprises de logiciels libres ? Oui, il y aura des nouveaux emplois à moyen terme, mais en temps de crise, il faut parfois faire des sacrifices à court terme pour éviter de gêner la relance économique. C’est pourquoi nous pensons que pour certains pays il faut être prudent pour ne pas trop chambarder le marché et instaurer progressivement la politique de migration vers le libre.

Si vous n’êtes toujours pas convaincus, voici un autre exemple qui permet de bien comprendre ce principe : la chute des grands constructeurs automobiles. Il pourrait sembler logique de ne pas s’ingérer dans le marché des constructeurs. En effet, si on ne leur donne pas d’aide financière, les constructeurs couperont dans la production, ce qui aura pour effet d’équilibrer l’offre et la demande. À l’opposé, en finançant l’industrie des constructeurs automobiles, on favorise la saturation du marché (la « sur-offre ») et donc un excès de création de véhicules. Cela aura pour effet d’inonder le marché et les prix chuteront inévitablement suite à l’offre abondante de véhicules sur le marché, ce qui aura des conséquences grave pour l’industrie automobile. Pourtant, le Gouvernement décide de financer ces géants financiers… Pourquoi ? Simplement, car à court terme, on ne peut pas se permettre toutes ses pertes d’emplois, ce qui ralentirait encore plus l’économie. Finalement, les politiciens veulent probablement entretenir leur capital politique…

Qu’en pensez-vous ?

Croyez-vous que les États-Unis devraient opter pour une politique progressive de migration vers le libre ou une politique radicale complète ?
1) Progressive (étape par étape)
2) Radicale (migration en bloc vers le libre)
3) Je ne sais pas

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Rédigé par jpm2009

29 mars 2009 à 07:54

Publié dans Économie

Dimension politique, direction toute gauche ?

avec 2 commentaires

Nous nous sommes posé la question suivante : est-ce que la migration vers les logiciels libres est davantage supportée par les partis politiques de gauche ?

Nos recherches nous indiquent que cela semble effectivement être le cas en France. Nous avons analysé l’article de Linux France au sujet des « positions des formations politiques sur le logiciel libre et sur la brevetabilité des logiciels. » La plupart des partis de gauche, notamment le parti vert, le parti communiste révolutionnaire, le mouvement des citoyens, le parti communiste Français et le parti socialiste sont en faveur de la migration vers les logiciels libres et en général contre les brevets logiciels. D’autre part, le parti de la démocratie libérale a pour sa part quelques réserves et divergences d’opinions au sujet des brevets logiciels. Évidemment, cette seule analyse ne nous permet pas de tirer des conclusions solides compte tenu du fait que la France tend naturellement vers la Gauche …

Comme nous l’avons vu plus tôt dans le cours, les licences copyleft ont souvent été critiquées par Microsoft qui les considère virales. Considérant le mode de propagation des licences copyleft, voici quelques questions qui nous viennent à l’esprit :

  • Est-ce que cette propagation de licences copyleft favorise un environnement anarchiste ?
  • S’agit-il plutôt d’un environnement contrôlé par l’état sous la forme de lois, donc un peu plus socialiste/communiste ?

Nous vous donnerons notre réponse suite à vos commentaires !

Rédigé par jpm2009

26 mars 2009 à 17:05

Publié dans Politique

L’influence de la France sur le Brésil

avec 4 commentaires

L’Année de la France au Brésil (traduction) est un grand échange culturel entre la France et le Brésil. Elle se déroule présentement, en 2009, et origine du grand succès qu’a connu l’Année du Brésil en France qui s’est déroulée en 2005. La France a pour objectif de peaufiner ses relations avec le Brésil et ce, dans divers sphères d’activités. Comme le commente le site Cultures France : »La France est déjà très présente au Brésil, à travers une programmation artistique riche et diversifiée et des coopérations vivantes dans les domaines scientifique, technique, universitaire, économique. Français et Brésiliens se parlent, échangent, se disputent, réfléchissent ensemble, agissent ensemble. »

Le présent article traite exclusivement du partage des technologies informatiques entre ces deux pays. Le principal événement sera le deuxième congrès international de logiciel libre et du gouvernement électronique. Plus précisément, il s’agit du Congresso Internacional Software Livre e Governo Eletrônico (CONSEGI) (traduction). Il représente d’ailleurs un des plus importants événements dans la programmation officielle de l’Année de la France au Brésil.

consegi_2009-23

La deuxième édition du Congresso Internacional Software Livre e Governo Eletrônico se déroulera du 26 au 28 août 2009

Du 26 au 28 août 2009, le congrès se déroulera à l’école d’administration des finances (ESAF) (traduction) à Brasília, la capitale du Brésil. Le gouvernement brésilien présentera des logiciels libres qui engloberont des technologies d’aide à l’administration publique.

Plusieurs forums, conférences et ateliers seront animés par des techniciens français d’OW2 et de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA). Le portail, les solutions de technologies de l’information (TI) du gouvernement français, ainsi que l’organisation d’entreprises françaises qui utilisent le logiciel libre seront également exposés. L’agrément de l’Année de la France renforce l’aspect international de l’événement et augmente les opportunités d’intégration et de coopération technologique.

Le CONSEGI vise à promouvoir la coopération et le partage de connaissances entre les organismes gouvernementaux, les sociétés civiles et les pays partenaires. Le congrès permettra de répondre à la nécessité d’instaurer un espace démocratique pour la présentation de la « plateforme Demoiselle » (traduction). Cette dernière tient son nom aux monoplans motorisés « Demoiselle » d’Alberto Santos Dumont, un pionnier brésilien de l’aviation. D’ailleurs, étonnamment, ce brillant homme révélait gratuitement à quiconque les plans de ses créations. Ce geste rappelle certainement le concept de liberté associé aux logiciels libres comme le partage de la connaissance (ou code source), la possibilité de copier les plans originaux et l’adaptation de la connaissance.

Le CONSEGI offrira aux Brésiliens les différentes technologies utilisant les logiciels libres. D’ailleurs, ce congrès démontre que le Brésil est en faveur de la migration vers le logiciel libre. Les principaux sujets des ateliers et des conférences seront des plateformes libres comme « Demoiselle », Java, PostgreSQL, Pentaho, Shell et e-Car, Moodle, etc.

Le CONSEGI sera réalisé par le comité de mise en œuvre du logiciel libre de la présidence de la République (CISL, Comitê Técnico de Implementaçâo do Software Livre), et le service fédéral de traitement de données (SERPRO) (traduction), entreprise publique liée au ministère des Finances, en assurera la logistique.

Les nombreux échanges enrichissants entre le Brésil et la France leur permettront de faire progresser leur savoir dans plusieurs sphères de connaissances. D’autres nations auraient aussi avantage à vivre un tel partage de savoir… Selon vous, avec qui le Canada pourrait-il créer un tel échange ?

Rédigé par gouverlibre

10 mars 2009 à 06:53

Publié dans Gouvernements

2009 : Une année charnière pour les logiciels libres et les gouvernements?

avec 6 commentaires

L’année 2009 est encore bien jeune que l’on retrouve déjà bon nombre d’initiatives vers les logiciels libres à travers le monde au sein des différentes instances gouvernementales. En effet, plusieurs pays ont déjà annoncé leurs couleurs en démontrant au reste du monde leurs intentions de se diriger vers des plates-formes  »libre » à l’intérieur de leurs administrations publiques respectives.

En ce début d’année, on dénote entre autres une initiative agressive de la république socialiste du Viêt Nam qui a émis une directive orientée « logiciels libres ». Le ministère de l’Information et des Communications a annoncé qu’il désirait voir 100% de ses serveurs publics migrer vers des logiciels libres d’ici la fin du mois de juin 2009. De plus, elle vise également que 70% de son personnel en technologie de l’information devra être formé sur l’utilisation des logiciels libres et que 40% de ses travailleurs devront être en mesure de bien les utiliser d’ici le 31 décembre 2009. Enfin, l’ensemble des agences gouvernementales devront être à l’aise à 100% avec les technologies  »libre » d’ici le 31 décembre 2010. Cette directive ayant pour objectifs de diminuer les coûts en informatique et de contrer le piratage des droits d’auteurs.

Dans le même ordre d’idée, nous vous avions déjà fait part dans l’un de nos articles précédents « Le gouvernement de Cuba lance une distribution Linux NOVA » des initiatives en cours à Cuba, voilà maintenant qu’un autre pays communiste, la Russie, se dirige vers les logiciels libres rapidement. Au cours des derniers mois, le ministre des Technologies de  l’Information et des Communications, Igor Schegolev a rencontré plusieurs hauts dirigeants afin de mettre en place l’une des ses priorités majeures en 2009 pour la Fédération Russe, soit le développement vers les logiciels libres! Pour arriver à ces fins, M. Schegolev a rencontré le Vice-Président de Red Hat, Werner Knoblich afin de participer au développement de projet Linux en plus de créer une association avec les développeurs du projet Fedora.

Par ailleurs, Milan Prohaska, directeur de la compagnie VDEL (distributeur principal des produits Red Hat pour la Russie et l’Europe de l’Est) était présent lors de ses rencontres pour favoriser le développement des logiciels libres en Russie et nous mentionnait : « We believe that the creation of a best practice competence center is the most logical next step in wider adoption of Open Source in Russia…Both Red Hat and VDEL, the organizers of Russian Fedora projects, will provide this center with financial and technological support and also help to build the wider local and international IT industry network needed for this Ministry initiative. ». Finalement, mentionnons que dans un article paru ce lundi, d’autres rencontres entre hauts dirigeants ont eu lieu en février et que la création d’un Centre des Compétences Open Source devrait voir le jour d’ici la fin avril 2009 en Russie.

En somme, les exemples du Viêt Nam et de la Russie représentent qu’une partie des initiatives dans le monde. On mentionnait également dans les dernières semaines la volonté de plusieurs gouvernements de se diriger et ou de renforcer leurs efforts vers les logiciels libres, tel que le gouvernement britannique à titre d’exemple. De par ces faits, est-ce que l’année 2009 représente une année charnière pour les gouvernements et les logiciels libres?

Rédigé par gouverlibre

6 mars 2009 à 23:10

Publié dans Gouvernements

Demande d’information de TPSGC (partie 2!)

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Nous avons porté à votre attention il y a maintenant plusieurs jours que le ministère des Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (TPSGC) a publié le 20 janvier de cette année une demande d’information (DI) visant à recueillir des commentaires de l’industrie concernant les logiciels libres.
 
Après quelques recherches supplémentaires, nous sommes maintenant en mesure d’affirmer que la demande d’information (DI) semble confondre la définition même des logiciels libres. La DI mentionne que les logiciels libres sont ceux « qui ne font pas l’objet d’un coût pour la licence d’utilisation, qui peuvent donc être utilisés sans frais et que l’on se procure le plus souvent en les téléchargeant sur Internet. » Il s’agit plutôt de la définition d’un gratuiciel tel que défini sur Wikipedia : « Un gratuiciel (freeware) est un logiciel mis gratuitement à disposition par son créateur. » Nous avons également trouvé sur cette même page de Wikipedia une distinction bien définie entre les gratuiciels et les logiciels libres qui démontre encore mieux pourquoi TPSGC ne comprend pas bien la définition d’un logiciel libre : « Il faut aussi distinguer le gratuiciel du logiciel libre. Le logiciel libre offre la liberté et non la simple gratuité de la distribution. En particulier, il permet notamment la diffusion et la modification de ses sources, ce qui n’est pas nécessairement le cas des gratuiciels. Bien que distribués gratuitement, les gratuiciels sont principalement des logiciels propriétaire qui utilisent des licences de distribution restrictives. Certains logiciels restreignent même votre capacité à les redistribuer. »
 
Pourtant, six ans plus tôt, Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC) a entrepris une étude spéciale afin de déterminer le rôle des logiciels libres dans l’évolution de l’architecture de nos systèmes d’information. Cette recherche, étendue par la suite au gouvernement du Canada, décrit avec justesse ce que la demande d’information n’a pu faire. Cela vient donc accentuer le doute qui plane au dessus de cette fameuse demande d’information… Auraient-ils oublié d’effectuer une simple recherche sur Google en utilisant les mots-cl/s suivants : logiciels libres gouvernement Canada ?

Voici quelques sources supplémentaires qui appuient notre opinion et qui critiquent la définition de la DI :

  • « The department is going about it as though they were out to buy a truck. But open source software is not like most items you purchase from a vendor. Open source software is a human resource issue as much as it is a product » ItWorldCanada
  • « Not only do the terms No Cost Licensed Software focus entirely on the “free beer” aspect, missing that free software is about “free speech”, but the term “No Cost Licensed Software” includes everything that can be downloaded at no cost. » Publié sur un Wiki préparé en réponse à la DI.
  • « There is an industry accepted definition of open source software provided by Open Source Initiative (OSI).  Open source software license specify re-distribution rights, availability of source code and other terms that are not necessarily specified in a ‘freeware’ license.  We would suggest not creating a new one. » publié sur le blogue de Ian Skerrett.

Comme vous pouvez le constater, les répondants démentent avec vigueur cette définition inexacte des logiciels libres. Suivant la définition de la DI, les produits n’étant pas gratuits ne seraient pas des logiciels libres ! Il est fort à parier que TPSGC recevera de nombreuses réponses, si ce n’est que pour corriger sa définition des logiciels libres…

Rédigé par gouverlibre

3 mars 2009 à 06:26

Publié dans Gouvernement du Canada

La crise financière et la migration vers le libre

avec 12 commentaires

La crise financière étant omniprésente, nous avons voulu confirmer si le ralentissement économique favorisait ou non la migration vers les logiciels libres dans les différentes instances gouvernementales et surtout s’il était souhaitable que ce changement s’effectue dès maintenant.

Nos recherches nous ont démontré que la question ne fait pas l’unanimité. D’une part, certains auteurs mentionnent que la crise financière mondiale a accéléré et continuera d’accélérer la migration vers les logiciels libres, alors que certains auteurs viennent contredire cette théorie.

Parmi les optimistes, Roger Burkhardt mentionne que la réduction des budgets des TI favorise la migration vers le libre étant donné le coût souvent moins élevé des logiciels libres. 

À l’opposé, Eugene R. Quinn Jr., président-fondateur de IPWatchdog, Inc. et avocat spécialisé dans le domaine de la propriété intellectuelle, croit qu’il n’est pas indiqué pour l’administration Obama de faire le saut au « libre » présentement.

 

IPWatchdog publie des articles au sujet des brevets et de la propriété intellectuelle

IPWatchdog propose une série de publications sur des sujets variés allant des brevets, aux lois concernant la propriété intellectuelle.

 

Dans son dernier article sur le sujet, il mentionne que la migration systématique vers le libre provoqueraient trop de changements d’emplois dans le domaine des technologies de l’information et que ces bouleversements ne sont pas souhaitables alors que l’économie est encore frêle. On comprend donc qu’il favorise une migration tardive lorsque l’économie aura au moins repris un certain rythme…

Nous croyons qu’en cette période de crise financière, il serait approprié d’inclure les logiciels libres dans les processus d’approvisionnements gouvernementaux. D’autre part, nous pensons qu’il peut être un peu risqué d’appliquer une politique complète de migration vers le libre à ce stade-ci. Évidemment, pour les plus petits états ou pays, cela peut s’avérer sans conséquence, mais pour les plus grands pays comme les États-Unis, des difficultés organisationnelles et économiques pourraient survenir si l’on bouleverse le marché de l’emploi. Cela pourrait possiblement nuire à la relance économique. Les grands États doivent donc user de prudence dans leur migration vers le libre…

Rédigé par gouverlibre

21 février 2009 à 00:37

Publié dans Économie

Le gouvernement de Cuba lance une distribution Linux « NOVA »

avec 6 commentaires

Le 11 février dernier, le gouvernement Cubain annonçait officiellement lors de sa conférence internationale sur les technologies et les communications à la Havane, le lancement d’une nouvelle distribution Linux appelé NOVA.  Le résultat final de la distribution NOVA est inspiré de la distribution « Gentoo » et découle de travaux réalisés sur plusieurs années entre l’Université des sciences TI de Cuba et le projet UTUTO en provenance de l’Argentine. Rappelons que lors de cette même conférence l’an dernier, Richard Stallman avait grandement tenté de décourager la population d’utiliser des produits Microsoft. 

Il faut également prendre en considération que la vente légale d’ordinateurs au grand public n’est permise que depuis un an dans ce pays. Actuellement, seulement 20% des ordinateurs vendus sur le marché sont dotés d’un système d’exploitation Linux. Hector Rodriguez, doyen de l’école des logiciels libres à l’Université des sciences TI à Cuba, mentionne que « The free software movement is closer to the ideology of the Cuban people, above all for the independence and sovereignty ». De plus, ce dernier aimerait voir la progression des logiciels libres atteindre 50% d’ici 5 ans. Selon le gouvernement cubain, les produits capitalistes de Microsoft représentent une menace pour l’intégrité des informations cubaines, craignant entre autres que les Américains installe du code malicieux ou des « Backdoors » dans leur logiciel afin d’alimenter les services d’intelligence secrets et l’armée américaine. Par conséquent, après avoir résisté à la puissance économique américaine pendant des années, le régime communiste cubain débute maintenant une guerre dans le monde de l’informatique!

Mentionnons que le mouvement « Logiciels libres » du gouvernement cubain s’inspire de plusieurs autres pays ayant déjà migré vers le libre ou ayant des projets pilote en cours au niveau de leur gouvernement. On retrouve notamment des projets dans des pays tels que la Chine, le Nigéria, le Brésil, le Vénézuela, la Norvège, etc.

Que pensez-vous de cette nouvelle tendance du gourvernement cubain? Pensez-vous que la migration vers le libre est plus facile dans un pays communiste? Finalement, est-ce un mal nécessaire pour la survie technologique de ce pays?

Rédigé par gouverlibre

18 février 2009 à 08:52

Publié dans Gouvernements

Tentatives timides du gouvernement québécois

avec 6 commentaires

Les efforts de nos gouvernements face à l’utilisation des logiciels libres semblent parfois incertains. Malgré les controverses et les divergences d’opinions entre certaines organisations gouvernementales et citoyennes, des efforts concrets semblent apparaître au sein du gouvernement québécois. Plusieurs études et expérimentations ont été tentées et outre la possible utilisation d’OpenOffice, un intérêt pour le moteur de recherche Nutch et quelques autres logiciels libres a été démontré. Ces logiciels sont présentement implantés dans plus de 400 sites du gouvernement provincial et indexent maintenant plus de 300,000 documents. Ces logiciels ont été implantés pour satisfaire trois utilisations :

- Moteur de recherche (Nutch et Hadoop)

- Capsules d’informations (Apache Wicket)

- Gestion de contenu d’entreprise (Alfresco)

Présentement, le gouvernement du Québec, la Commission de la Protection du Territoire Agricole du Québec, le Ministère de la Sécurité Publique, Services Québec et le Ministère des Services Gouvernementaux et la Bibliothèque et Archives Nationales du Québec utilisent ces logiciels libres. Cette initiative du gouvernement du Québec provient du Ministère des Services Gouvernementaux.

L’implantation de ces logiciels libres a été effectuée par une entreprise Québécoise: DocuLibre. Cette entreprise se donne pour mission d’intégrer une gamme complète de logiciels libres permettant de gérer, organiser, valider, rechercher, échanger et archiver de la documentation.

Le résultat de cette expérimentation semble être positif. Cet effort pour le logiciel libre est encore visible et en fonction au sein des sites gouvernementaux cités plus tôt. Par contre, nous trouvons déplorable que le résultat de ces expérimentations ne soit pas documenté adéquatement. Il a été possible et facile de dénicher de l’information sur les intentions et l’intérêt que le gouvernement porte aux logiciels libres, mais malheureusement, trouver les résultats de cette migration timidement tentée est ardu. Il est possible d’en observer quelques traces au travers de rapports et d’études effectués par CIRANO. Le CIRANO est un centre interuniversitaire de recherche, de liaison et de transfert des savoirs en analyse des organisations, une voie d’accès aux meilleurs chercheurs dans ce domaine pour toute entreprise ou organisation, tant privée que publique, désireuse de trouver des moyens innovateurs d’améliorer l’efficacité de ses activités (Cirano en bref). Entre janvier 2005 et février 2007, le Comité directeur pour le logiciel libre (CODELL) à été formé. Les détails de ce comité et les résultats qui ont pu en résulter sont absent sur le Web et sur les sites gouvernementaux québécois.

Nous avons pu consulter un guide du logiciel libre au gouvernement du Québec qui contient une conclusion vague, mais favorable à l’utilisation de celui-ci au sein de notre gouvernement provincial. Ce sont, pour l’instant, les résultats les plus concrets concernant l’utilisation de logiciels libres au sein du gouvernement provincial pour la gestion d’information et de contenus.

Rédigé par gouverlibre

16 février 2009 à 00:16

Le gouvernement québécois poursuivi

avec 7 commentaires

Alors que la population québécoise croit que son gouvernement se dirige lentement vers les logiciels libres, plusieurs organismes nous ont fait preuve du contraire en poursuivant celui-ci : il aurait privilégié aveuglément certains logiciels bien connus, ceux du géant Microsoft.

Plus précisément, il s’agit de deux organismes québécois : FACIL et Savoir Faire Linux. Le premier est une association à but non lucratif qui prône l’appropriation collective de l’informatique libre. Le deuxième est une société d’informatique. Ils confrontent présentement les mauvaises pratiques du gouvernement québecois. Ils dénoncent haut et fort leur non-respect de la procédure d’appel d’offres pour l’achat de logiciels.

De plus, FACIL accuse même le gouvernement provincial d’abuser de la disposition leur permettant d’acheter des logiciels sans appel d’offres. «Trop souvent l’administration québécoise refuse d’envisager et même d’évaluer l’option du logiciel libre» affirme l’organisme. Le gouvernement québécois dépenserait 80 millions de dollars selon FACIL pour des licences d’exploitation des logiciels de Microsoft.

Par le fait même, le président de Savoir Faire Linux, Cyrille Béraud, entame une poursuite judiciaire contre le gouvernement du Québec afin qu’il respecte ses propres lois. Concrètement, parmi tous les différents secteurs gouvernementaux, cet homme pointe sévèrement la Régie des Rentes du Québec du doigt : elle aurait procédé au renouvellement des licences de Microsoft Windows sans appel d’offres lorsqu’elle a changé son système d’exploitation pour Microsoft Windows Vista.

Le gouvernement doit faire un appel d’offres à plusieurs entreprises avant de se procurer des logiciels pour ses différents ministères. Cette procédure permet à tous les concurrents, des plus petites entreprises locales aux plus prospères multinationales étrangères, d’avoir une chance de présenter leur solution et d’obtenir le mandat. Logiquement, la libre concurrence fait profiter à tous.

D’ailleurs, nous avons effectué une recherche dans la loi sur l’administration publique, et d’après l’article 11 du règlement sur les contrats d’approvisionnement, de construction et de services des ministères et des organismes publics, «un contrat ne peut être conclu que s’il a été précédé d’un appel d’offres, sauf lorsque le montant du contrat est inférieur à:

  • 1° 5 000 $ pour un contrat d’approvisionnement;
  • 2° 10 000 $ pour un contrat de services auxiliaires;
  • 3° 25 000 $ pour un contrat de construction ou de services professionnels.»

Nous avons vérifié la longue liste d’exceptions stipulées à l’article 12 et à moins que Microsoft détienne une offre à commandes permanente avec le Gouvernement du Québec, il ne semble pas y avoir de raison valable pour éviter l’appel d’offres. Peut-être ont-ils simplement utilisé la provision #4 de l’article 12 qui prévoit que si aucun autre fournisseur ne peut répondre à la demande exacte du gouvernement, ils peuvent procéder sans appel d’offres…?

En effectuant des appels d’offres, le gouvernement n’est-il pas en mesure de réaliser les économies dont il pourrait bénéficier en employant des logiciels libres? N’aurait-il pas à débourser des montants moins onéreux, étant donné la concurrence des logiciels propriétaires? Ne stimulerait-il pas l’émergence d’emplois locaux? La société québécoise ne pourrait-elle pas en profiter?

Information Complémentaire

Poursuite sur le site de FACIL

Savoir Faire Linux contre la Régie des Rentes du Québec

 

 

Rédigé par gouverlibre

13 février 2009 à 15:44

Le gouvernement du Canada tend la main aux logiciels libres (partie 1)

avec 7 commentaires

Le 22 janvier dernier, le gouvernement du Canada a affirmé son ouverture face aux logiciels libres en lançant une demande d’information (DI) ayant pour but de « recueillir des commentaires de l’industrie concernant les logiciels libres ». Plus précisément, le gouvernement cherche « à élaborer des lignes directrices concernant la planification, l’acquisition, l’utilisation et la cession de logiciels libres »  Cette initiative a été produite par Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (TPSGC) qui s’occupe notamment des stratégies d’approvisionnement de l’ensemble des ministères fédéraux. Cette demande d’information est très complète et assez bien documentée, preuve que l’autorité contractante a fait ses devoirs avant d’entreprendre cette initiative.

Malgré ces efforts de consultation très positifs, plusieurs critiques ont émané des blogues politiques et intégristes dont celui de Michael Geist, professeur de droit à l’Université d’Ottawa. En effet, on reproche au gouvernement du Canada de ne pas comprendre la vraie philosophie des logiciels libres en limitant son rôle potentiel à celui du « consommateur » plutôt que du développeur ou du distributeur.

Il est de notre avis que cette initiative est plutôt positive en soi et constitue un pas dans la bonne direction. Même si nous sommes d’accord sur le fond de la critique de Michael Geist, nous croyons toutefois qu’il est utopique de penser qu’un gouvernement n’ayant jamais vraiment ouvert la porte aux logiciels libres décide soudainement de recourir à une stratégie complète d’intégration des logiciels libres incluant le volet « contribution à la communauté ». Pour cette raison, nous croyons que ce sondage public permettra de bien orienter la stratégie future du gouvernement en matière d’approvisionnement des logiciels.

Le processus sera terminé le 22 février 2009 et une longue analyse suivra. Les conclusions de cette analyse permettront d’élaborer une nouvelle politique face aux logiciels libres. La politique actuelle du Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada se veut plutôt un survol ou un guide préliminaire. Cette dernière bénéficiera grandement des apports de la nouvelle étude. Le guide actuel, créé en 2005, mentionnait notamment que la convivialité et l’intégration des suites d’applications faisaient défaut sur les systèmes libres. Avec la venue des outils standards intégrés dans les bureaux comme KDE 3.5 ou KDE 4.2, cela nous porte à croire que l’opinion du gouvernement du Canada pourrait changer suite à la publication de cette nouvelle étude !

Est-ce que TPSGC intégrera Linux comme système d’exploitation de base sous peu ? Nous ne le croyons pas… Par contre, il serait envisageable d’utiliser la suite Open Office dans la plupart des ministères…

Et, vous, qu’en pensez-vous ?

Rédigé par gouverlibre

7 février 2009 à 15:57

Publié dans Gouvernement du Canada

Logiciels libres ou cauchemard organisationnel ?

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« Le Canada semble tirer de l’arrière dans l’adoption des logiciels libres, particulièrement dans le secteur public », voici ce qui ressort du Survol et guide préliminaire sur les logiciels libres du gouvernement canadien.

Depuis juin 2004, le Gouvernement du Canada a entériné une politique sur l’utilisation de logiciels libres au sein du Gouvernement Fédéral. Cette politique a été intégrée au programme d’architecture fédérée du Gouvernement du Canada. Cette politique mentionne que les logiciels doivent optimiser les principes d’architecture tels que la réduction de la complexité de l’intégration, la sécurité, la confidentialité, la protection de l’information, la protection des renseignements personnels, l’utilisation de normes et de technologies éprouvées, le coût total de possession, etc. Par le fait même, cette politique mentionne qu’il ne faut pas ni favoriser les logiciels libres, ni les défavoriser, mais plutôt s’efforcer d’analyser chaque situation avant de procéder à l’achat des logiciels.

Au cours du présent semestre, nous vous proposons d’analyser la position adoptée par les différentes instances gouvernementales en matière d’approvisionnement de logiciels libres. Cette analyse se fera sous différents angles, notamment les enjeux économiques, techniques, humains, organisationnels, etc. Nous élargirons notre recherche à presque tous les continents, mais vous comprendrez (enfin, nous l’espérons!) que nous concentrerons nos efforts sur les gouvernements du Canada et du Québec.

Afin d’alimenter les discussions, nous vous proposons la lecture (ou l’écoute!) suivante:

Problématiques juridiques des logiciels libres et ouverts : défis et solutions pour le gouvernement du Québec. (PDF / MP3 / OGG)

Cette conférence de Pierre-Paul Lemyre décrit bien les défis auxquels doivent faire face le Gouvernement du Québec lors de la prise en considération des logiciels libres. Le droit québécois semble à priori bien encadrer le domaine des logiciels libres, mais quelques initiatives devront être prises afin de minimiser les risques juridiques.

Rédigé par gouverlibre

30 janvier 2009 à 11:31